Bases de données marques : coïncidences


L’INPI a arrêté le jeudi 2 avril au soir le service payant Icimarques, disponible sur Internet et encore également sur Minitel.
             
Le service payant Plutarque, géré par Jouve, a également été arrêté, la délégation du service public prenant fin, de toutes les façons, le même jour.
            
Dès le mercredi 3 avril au matin, le nouveau service gratuit de l’Inpi, permettant de rechercher en particulier sur le corpus marques en vigueur en France, ainsi que sur les dessins et modèles français (depuis 1910) et internationaux (depuis 1979), a été ouvert sur le Net.

Coïncidence ou non, le mardi 7 avril, Questel/Edital réunissait ses clients pour leur présenter la nouvelle version du portail Edital.com, toutes ses fonctionnalités et les nouveautés 2009.
            
On est là dans une problématique que nous avons évoquée à plusieurs reprises, à savoir la mise en ligne gratuite d’informations détenues par des entités publiques, informations fournies par ailleurs et de façon payante par des serveurs/agrégateurs privés.
             
Certaines entités publiques – la plupart des offices de brevets notamment – revendiquent systématiquement leur volonté de mettre à disposition du plus grand nombre les informations qu’elles détiennent, considérant que cela fait partie de leur vocation. Ceci n’a évidemment rien à voir avec la problématique de l’accès aux données publiques, où d’autres entités publiques se situent dans une attitude diamétralement opposée, puisqu’elles sont réticentes à offrir l’accès à leurs données.
             
Les entités publiques qui diffusent gratuitement leurs informations, dans un domaine où existe également une offre commerciale, assurent qu’elles ne proposent que des modes de recherche et de visualisation simplifiés, laissant les fonctionnalités plus sophistiquées aux services commerciaux.
             
Cela pose deux problèmes.
             
D’une part, ce qui est considéré comme “simple” évolue dans le temps vers la sophistication, et la frontière, par nature mouvante, n’est pas toujours aisée à définir.
On constatera que les fonctionnalités du service proposé par l’Inpi, très directement inspirées de l’interface d’Espacenet, ne sont pas si élémentaires que cela.
             
L’OEB vient d’ailleurs d’ajouter à Espacenet la nouvelle fonctionnalité Smart Search (//ep.espacenet.com), ce qui n’est pas vraiment un pas en direction de la simplicité.
             
Le deuxième point est de savoir quel est le bilan final de deux effets cumulés, celui de la découverte par une nouvelle clientèle des bases de données sur les marques et les dessins et modèles – nouvelle clientèle dont les besoins peuvent se sophistiquer, ce qui les conduira vers les serveurs commerciaux – et celui de la perte du chiffre d’affaires des services commerciaux, correspondant aux recherches simples devenues gratuites.
            
Il faudrait éviter que cette perte de chiffre d’affaires des services commerciaux puisse mettre en cause leur existence même.
            
La parade pour ces sociétés commerciales  est évidemment de rajouter plus de valeur à leurs services, comme le fait Questel avec Edital, ainsi qu’on le verra ci-contre.
           







François Libmann
Publié dans le n° 258 de Bases (Mars 2009)

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