J-Stage : un accès direct à la litterature scientifique japonaise


Depuis plusieurs années, on a pu remarquer que dans nombre de domaines techniques – sans même parler des brevets –, il y avait de plus en plus de références d’articles ou de conférences d’origine japonaise.
             
Sur les grands serveurs, ces références comportent dans la quasi-totalité des cas des résumés en anglais, mais il n’est pas rare que les articles soient uniquement en japonais.
             
Pendant de nombreuses années, le gouvernement japonais a subventionné la banque de données bibliographique JICST-EPlus, qui proposait des résumés en anglais de la littérature scientifique japonaise depuis 1985.

             
En 2007 malheureusement, compte tenu de la crise, le gouvernement japonais a décidé d’arrêter de financer cette banque de données, qui a été déchargée peu après des serveurs – tels que Dialog, DataStar ou STN – qui l’hébergeaient (voir Bases n°241, septembre 2007).
             
Ce que nous ignorions à l’époque, et que les Japonais que nous avions interrogés suite à la disparition de la banque de données JICT-EPlus ne nous avaient pas dit, est qu’il existait une autre initiative visant à faire connaître la littérature scientifique japonaise, initiative toujours vivante puisque présentée notamment au Online de Londres, où nous avons rencontré ses promoteurs.
            
Lancé en octobre 1999, J-Stage (Japan Science and Technology Informations Aggregator, Electronic)  est une plateforme accessible librement sur laquelle sont disponibles les publications, les papiers de recherche et des comptes-rendus de conférences électroniques des sociétés savantes japonaises.
             
Ce système, développé et géré par la JST (Japan Science and Technology Agency), a pour objectif de mieux faire connaître la littérature scientifique japonaise, en particulier à l’étranger.
             
J-Stage propose actuellement  les textes de 584 publications et de 125 “conference proceedings”, ce qui représente plus de 283 000 documents.
             
L’accès aux résumés est gratuit, sachant que la plupart – 82 % en 2006 – sont en anglais ; quant aux documents eux mêmes, 70 % sont en accès libre d’un simple clic, la proportion d’articles en anglais étant (toujours en 2006)  de 49 %, en anglais et japonais de 31 % et en japonais exclusif de 20 %.
            
J-Stage propose une première page avec une recherche relativement simple, dans laquelle on peut entrer le nom d’un auteur, un mot-clé ou sélectionner une revue pour effectuer la recherche dans ce titre uniquement – par exemple, General Medicine, publié par The Japanese Society of General Medicine et dont seuls les deux derniers numéros sont en ligne.
             
Dans ce titre, le mot fever recherché dans le texte intégral génère trois réponses, chacune donnant accès gratuitement tant au résumé qu’à l’article au format PDF, les deux en anglais.
             
On peut passer d’un clic à un écran de recherche avancée où l’on peut préciser, en particulier, la période, le type de source et la langue et remplir jusqu’à six zones de saisies, reliées par des opérateurs OR ou AND, en précisant à chaque fois le champ dans lequel doivent se trouver les termes recherchés.
             
On obtient une liste de résultats avec, pour chaque référence, un bouton qui renvoie vers le résumé et, le cas échéant, un autre qui donne accès à l’article en PDF.
             
Un clic sur l’un des deux boutons renvoie sur le site de la société savante éditrice de la publication. Il ne reste qu’à espérer que ces documents soient en anglais, ce qui est heureusement très fréquent.
            
A côté du résumé se trouve parfois un bouton JST Link Center, qui renvoie vers les articles citant celui dont on visualise l’abstract. On est ensuite ramené vers J-Stage, où l’on peut visualiser l’article citant.
             
Depuis la page de recherche J-Stage, un bouton permet d’arriver sur Journal@archive, dans lequel on trouve les articles des publications depuis l’origine et le tout en accès libre. Cela représente plus de 850 000 articles, ce qui représente trois fois le contenu de J-Stage, sachant que 63 % des articles ont un résumé en anglais.
            
Nous avons fait un test, un après-midi pour obtenir un article dont le PDF n’était pas disponible en ligne.
             
Nous avons tout d’abord laissé un message à la société savante, sans réponse à ce jour.
             
Comme cet article était, par ailleurs, référencé dans Chemical Abstracts, nous avons ensuite utilisé Chemport (FIZ Autodoc) pour le commander.
             
Le système proposait d’une part des liens web qui renvoyaient sur la page de la société savante, sur laquelle nous avions laissé un message et, d’autre part, une option payante que nous avons utilisée.
             
Nous avons reçu le lendemain matin l’article sous forme électronique, envoyé par Reprint Desk, en Californie
             
Dans un premier temps, nous n’avons pu l’ouvrir et avons envoyé un message à l’assistance de Reprint Desk, qui nous a très rapidement renvoyé une copie que nous avons ouverte sans difficulté.
             
Nous avons fait un autre test avec l’objectif de voir dans quelle proportion les articles présents dans J-Stage étaient également référencés dans les systèmes occidentaux plus classiques.
             
Ces tests, portant sur trois questions dans des domaines divers, n’ont pas la prétention d’être scientifiquement très rigoureux, mais ils donnent quand même une bonne indication.
            
Nous avons fait trois recherches simples dans J-Stage et regardé si nous trouvions les références de ces articles dans Dialog  et dans Scopus. Nous aurions pu prendre STN à la place de Dialog, mais comme les résultats auraient sans doute été très voisins, nous nous sommes limités à Dialog.
             
Toutes les recherches ont été limitées à la période 2006-2009.
             
- La première requête cherchait dans le titre les termes glass et bottle, ce dernier terme avec une troncature.
             
Nous avons trouvé une réponse dans J-Stage, réponse ne se trouvant ni dans Scopus, ni dans Dialog. En revanche, il y avait 38 réponses dans Scopus avec cette stratégie et des réponses (non dédoublonnées) dans plusieurs banques de données de Dialog  (21 réponses dans Compendex, 16 dans Inspec, 15 dans SCI Search, 12 dans FSTA, 7 dans Pascal et 7 dans Medline).
            
- La deuxième recherche portait sur le terme airbag tronqué, dans le titre.
            
J-Stage donne deux articles, dont un se trouve dans Scopus et plusieurs banques de données de Dialog, et un deuxième que l’on ne trouve chez aucun des deux.
             
Cette recherche génère 178 réponses dans Scopus et également de nombreuses réponses dans Dialog (97 dans Compendex, 69 dans SCI Search, 62 dans Inspec, 57 dans TRIS, 45 dans World Textile et 47 dans Medline).
            
- La troisième recherche a été faite avec miscanthus dans le titre. Il s’agit d’une plante possédant plusieurs types d’applications.
             
On obtient 9 réponses dans J-Stage, dont trois que l’on peut considérer comme des doublons car ils ont le même titre et les mêmes auteurs, mais des sources différentes.
             
Sur les six références uniques
            
• une est dans Scopus et dans une douzaine de fichiers de Dialog ;
            
• une deuxième se trouve dans Agris sur Dialog sans résumé, alors que la référence dans J-Stage propose un résumé en anglais.
            
La même recherche donne 82 réponses dans Scopus et, sur Dialog, 69 réponses dans Biosis, 60 dans Agricola, 43 dans Elsevier Biobase, 37 dans Compendex et 19 dans Medline.
             
Les leçons que l’on peut tirer de ces tests même partiels sont assez claires.
            
Il y a, comme cela est complètement logique compte tenu de la taille de la base, moins de réponses à une question donnée dans J-Stage, qui est pluridisciplinaire, mais une bonne partie des réponses de J-Stage ne sont pas présentes sur Dialog et Scopus.
             
En d’autres termes, on ne peut ignorer J-Stage si l’on veut vraiment tendre à l’exhaustivité sur une question, tout en priant le ciel pour que l’article ne soit pas en japonais, à moins d’avoir un japonisant dans son entourage proche.
            
INFORMATION
            
www.jstage.jst.go.jp


François Libmann
Publié dans le n° 265 de Bases (Novembre 2009)


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