Online de Londres 2009 : tendance au "downsizing" mais le public est là...


Voilà plusieurs années que la surface d’exposition de cette manifestation, qui connut son apogée à la fin des années 90, ne cesse de décroître. Pour cette édition, la crise a clairement joué un rôle et renforcé la tendance.
             
Les organisateurs ont usé de plusieurs artifices pour masquer cette diminution de la surface. Plus encore que l’an dernier, les cafés ont fleuri ou étendu leurs terrasses et l’on trouvait aussi des postes informatiques permettant d’accéder à Internet. Plus brutalement, un stand relativement grand est resté totalement vide. Plus subtil et moins visible, les salles où ont lieu une partie des conférences gratuites dans l’exposition ont été éloignées de la paroi du fond, cachant ainsi un grand vide.

             
Il est clair que les exposants, surtout en cette période, ont voulu faire des économies, d’autant que les stands au Online ont la réputation d’être particulièrement chers. Il est vrai qu’il n’est pas toujours évident de rentabiliser rapidement et de façon parfaitement visible un tel investissement, parce qu’au delà de la mesure du chiffre d’affaires et de la marge générés par des nouveaux contrats, il est beaucoup plus difficile de mesurer l’impact d’un contact sur un salon lorsqu’il se mêle à d’autres éléments. Enfin, il est également difficile de mesurer l’impact d’une rencontre effectuée lors d’un salon, sur la poursuite des bonnes relations avec un client.
             
Certains de ceux qui étaient présents ont aussi économisé sur les frais de réception, comme Thomson Reuters, qui avait l’habitude de voir les choses en grand. Cette société avait en revanche investi dans deux grands stands, l’un pour la partie finance et l’autre pour la partie scientifique. D’autres encore, comme Proquest/Dialog, Taylor et Francis, IET/Inspec ou Ebsco, ont maintenu de grands stands, qui restaient en nombre relativement important au centre de l’exposition.
             
Côté “downsizing”, LexisNexis avait un petit stand centré sur “news et business”, excluant donc le droit et les brevets (TotalPatent).
             
Elsevier – qui occupait, depuis des années, un très grand stand non loin de l’entrée – avait opté pour un petit stand excentré. Selon certaines sources cependant, cela ne serait pas une mesure d’économie mais plutôt de modestie, pour parer à l’accusation d’être un peu trop dominant/dominateur sur ses marchés.
            
Manquaient enfin à l’appel Chemical Abstracts et STN, de même que Fiz Chemie de Berlin  (ce dernier se contentant d’envoyer une brochure sur ... les poisons, peu après la manifestation), Factiva, les Russes et beaucoup d’autres.
            
Comme à chaque fois néanmoins, il y avait de nouveaux venus, en particulier sur le pavillon français, avec par exemple Cairn et Enerdata. Une société japonaise a présenté également une offre intéressante (voir pp.4-5).
             
Questel en revanche n’était pas là, Pierre Buffet, son directeur général, venu en visiteur, faisant remarquer qu’il se sentait plutôt étranger dans ce salon, et lui préférant les diverses manifestations – il est vrai nombreuses – consacrées chaque année aux brevets.
            
Dans ce domaine, le seul “pure player” présent était MineSoft, venu en voisin, dans un petit stand, tandis que Thomson Reuters présentait sur son stand scientifique Thomson Innovation, produit consacré pour une bonne part aux brevets (voir Bases n° 263, septembre 2009).
            
Le public quant à lui était toujours fidèle au rendez-vous et la satisfaction avait tendance à régner sur les stands quant à leur fréquentation.
           
Cela restait quand même une belle exposition, avec des serveurs, des producteurs de banques de données, des éditeurs de publications et beaucoup d’éditeurs de logiciels, tant pour des applications de GED que de gestion de bibliothèques, ceci en particulier grâce à la partie IMS de l’exposition, consacrée à la gestion de l’information tant interne qu’externe.
             
On notera aussi que si le congrès est malheureusement physiquement assez éloigné de l’exposition – ce qui en fait presque une manifestation à part, c’est dommage –, plus de 100 présentations d’une demi- heure étaient proposées gratuitement pendant ces trois jours, au sein même de l’exposition.
            
On peut espérer que le gros de la crise étant passé, l’édition de l’an prochain, qui aura lieu du 30 novembre au 2 décembre 2010, verra la surface exposant recommencer à croître.
            
Il est clair que sur le plan économique, si le nombre de m2 d’exposition continue à décroître pour passer sous le seuil de rentabilité, cela pourra remettre en cause l’existence même de la manifestation.
             
D’un autre côté les organisateurs pourraient aussi revenir sur leur politique de prix élevés pour attirer plus d’exposants ou, comme nous le disons régulièrement depuis des années, inviter certains exposants particulièrement intéressants.
            
On ne peut exclure, par ailleurs, le regroupement avec d’autres salons, comme cela a été fait avec succès par i-expo.
             
En tout cas, l’occupation quasi permanente de la totalité des cafés, alors qu’il n’y en a jamais eu autant, illustre la dimension “lieu de rencontre” d’une telle manifestation, que tous les progrès d’Internet et du Web 2.0 ne remplaceront pas.
             
Tout cela peut représenter des opportunités pour i-expo, qui serait bien inspiré de développer les lieux de convivialité pour sa prochaine édition.
           
La présence à Londres de Spat et d’une importante représentation française pourrait d’ailleurs contribuer au succès de la prochaine édition d’i-expo, où le coût d’un stand est bien inférieur.
             
Reste à attirer plus de visiteurs étrangers et encore plus d’exposants étrangers, mais l’image de Paris et l’antériorité d’i-expo sont indéniablement des atouts.



François Libmann
Publié dans le n° 265 de Bases (Novembre 2009)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire