Diigo.com : un outil de stockage, de partage et de collaboration


Contrairement à Pearltrees, qui n’a pas encore soufflé sa première bougie, Diigo a été lancé sur le Web en juillet 2006 et a suscité des réactions diverses de la part des professionnels.
            
Si la rédaction de Cnet a reconnu rapidement sa valeur et l’a classé dans le “Top 10 research tools”* d’octobre 2006 – en 4ème position, devant Google Scholar et Google Books –, Pete Cashmore, de Mashable, estimait pour sa part que l’outil avait peu d’atouts et peu d’avenir (“Diigo isn’t a terrible product, but I think it’s safe to say it’s going nowhere”**).

             
Sans atteindre le succès de Delicious, Diigo a néanmoins assis peu à peu sa notoriété – auprès des professionnels essentiellement –, a racheté en mars 2009 l’outil de bookmarking social Furl, qui appartenait à Looksmart, et a étoffé notablement son offre.
             
La version 4.0 (encore bêta) de Diigo.com donne aujourd’hui accès à des services performants, tant pour pour le stockage de ses signets que pour la collaboration et le partage.
             
Comme pour tous les services de ce type, il est nécessaire pour l’utiliser d’ouvrir un compte, en indiquant une adresse mail, un nom d’utilisateur et un mot de passe.
            
Les internautes disposant d’un compte Facebook, Twitter, Google ou Yahoo! peuvent utiliser le même et s’inscrire en un clic. Une fois inscrit, on accède à un module baptisé “My Library”.
           
Deux types d’outils sont alors proposés par Diigo, pour simplifier l’enregistrement des pages :
             
- la barre d’outils Diigo, qui s’installe sur tous les navigateurs en quelques clics ; cette barre d’outils offre plusieurs fonctionnalités et permet notamment de lancer des recherches par mots sur Diigo +Google ou Diigo+Bing ;
            
- le bouton Diigolet, plus discret mais moins puissant, que l’on installe dans la barre personnelle de son navigateur d’un simple glisser-déposer.
            
Et l’on est alors en mesure d’importer ses bookmarks et de copier toutes les pages rencontrées.
            
MY LIBRARY : POUR STOCKER, ANNOTER ET ORGANISER SES FAVORIS
             
Pour simplifier la vie des internautes, Diigo leur permet d’importer des bookmarks créés avec un autre outil (favoris du navigateur ou de Delicious par exemple).
             
L’importation se fait depuis la barre d’outils, en cliquant sur le bouton Diigo, choix Import Bookmarks. Une fenêtre pop-up s’ouvre alors et liste toutes les pages enregistrées sur ses divers bookmarks, avec pour chacune le titre et la source.
             
On peut décider de les importer toutes ou certaines seulement, de rajouter des tags, et l’on indique pour chaque page – ou pour l’ensemble du bookmark – si la sauvegarde doit être privée ou publique.
             
Si l’importation permet de gagner du temps, le principal intérêt de Diigo réside néanmoins dans les fonctions de sauvegarde des pages rencontrées au fil de sa navigation.
            
Lorsque l’on découvre une page que l’on souhaite enregistrer, il suffit de cliquer sur le bouton Bookmark de la barre d’outils, pour ouvrir une fenêtre pop-up, qui indique automatiquement l’URL et le titre de la page ; on va pouvoir ajouter sur cette page une description (limitée à 2 000 caractères) et des tags. Rien, jusqu’ici, que des fonctionnalités très usuelles pour des outils de bookmarking social...
            
Mais dans la version 4.0 (bêta) de Diigo, cette fenêtre propose également trois cases que l’on peut (ou non) cocher :
             
- Private : la page est sauvegardée uniquement dans son espace privé (sinon, elle sera visualisable dans sa “Public Library”) ;
             
- UnRead : l’un des filtres de la recherche ;
             
- Snapshot, une fonction essentielle, signifiant que Diigo va conserver une copie de la page – qui sera disponible dans son espace My Library –, sur laquelle on pourra effectuer des recherches par mots...
             
On comprend immédiatement l’intérêt de cette dernière fonction, qui permet à la fois de conserver les copies de pages qui ont disparu du Web et de comparer différentes versions d’une même page.
             
Et ce n’est pas tout.
            
Outre cette sauvegarde de la page – qui, à elle seule, justifierait le choix de l’outil –, Diigo permet de surligner certains extraits du texte (Highlighter), d’envoyer des commentaires (Comment), de poster simultanément la page sur un réseau social type Facebook ou Twitter, etc.
            
Au final, le module My Library rassemble l’ensemble des signets sauvegardés, classés par ordre ante-chronologique.
             
Des filtres permettent d’afficher uniquement les signets publics, privés, annotés ou non lus.
           
Pour chaque signet, Diigo indique le titre avec un lien hypertexte,  les tags, les descriptions, annotations et commentaires,  éventuels, ainsi que plusieurs liens :
            
Snapshot : version cache ;
            
Edit : pour modifier la description et les mots-clés ;
            
Share : un clic sur ce lien propose diverses options de partage comme d’envoyer la page par mail ;
             
Preview : ouvre la page dans une fenêtre, sans quitter le module My Library.
             
Sur la droite de la page, un encadré Top Tags liste les 10 tags les plus utilisés, avec pour chacun le nombre d’occurrences.
            
Un autre encadré Recent Tags affiche, sous la forme d’un nuage, les 50 derniers tags utilisés.
             
MY GROUP : UN ESPACE COLLABORATIF PUBLIC OU PRIVE                                

Outre ses possibilités de stockage, l’autre point fort de Diigo réside dans les fonctions de collaboration, qu’il propose avec l’espace My Groups.
             
Ce service permet à l’internaute de créer son propre espace collaboratif, au sein duquel il pourra échanger et partager avec d’autres utilisateurs.
             
Pour créer un groupe, il suffit de cliquer sur le bouton Create a group et de remplir le formulaire : nom du groupe, URL choisie (commençant par //groups.diigo.com/ groups/), catégorie thématique, description et, surtout, type de groupe (public/privé), et conditions d’accès (n’importe qui, sur invitation...), etc. Si le groupe est privé, il reste ensuite à indiquer les emails des personnes qui pourront y participer.
             
L’internaute dispose alors d’un espace dans lequel il – et les membres qu’il aura invités si le groupe est privé – pourront stocker des favoris et les partager.
             
Ceci fait de ce module un réel espace de travail collaboratif, puisque chaque membre est clairement identifié – par une photo s’il le souhaite –, peut commenter les favoris qui s’y trouvent, mais aussi commencer une discussion et laisser des “sticky notes”.
            
L’ajout d’un favori dans My Groups est similaire à l’ajout dans My Library, à ceci près qu’après avoir cliqué sur le bouton Bookmark, on doit cliquer sur Share to a group, dans la fenêtre pop-up.
             
Le lien et les commentaires sont alors sauvegardés dans l’espace My Groups, et envoyés parallèlement par mail aux membres du groupe. Les alertes mail peuvent être paramétrées (My Groups / Alert settings), et l’on peut choisir un envoi à chaque nouveauté, quotidien, hebdomadaire, ou pas d’envoi mail.
            
On peut aussi choisir de recevoir les nouveautés – de son groupe ou de sa Library – par flux RSS.
             
On peut également décider de suivre des groupes publics et être averti des nouveaux signets ajoutés par les membres.
            
La recherche d’un groupe se fait par mots, dans la zone de saisie proposée en haut de l’écran. Après avoir saisi le mot, il faut choisir, dans le menu déroulant qui s’affiche, l’option “Find groups interested in”.
             
On obtient alors la liste des groupes pertinents, avec pour chacun son titre, la description, la date du dernier ajout, le nombre de visiteurs, de signets enregistrés, de membres et le nom du “propriétaire” (avec un lien vers son profil).
             
Un clic sur le titre affiche la page du groupe (s’il est public), et il suffira de cliquer sur le bouton Join this group pour faire partie de ses membres.
             
En cliquant sur l’onglet My Groups, on affiche la liste des groupes privés et publics que l’on suit, avec pour chacun les titres des derniers articles non encore lus.
             
A la façon de Twitter, Diigo met en évidence, sur les pages des groupes et des Public Library, les membres les plus actifs (pour un groupe) et les personnes suivies (dans le Profil de l’auteur du bookmark).
             
Le fait que Diigo propose de s’inscrire en  en un clic depuis un compte Gmail, Yahoo! ou Facebook explique sans doute que de nombreux utilisateurs sont identifiés avec leurs noms réels, quand ceux de Delicious par exemple se servent majoritairement de pseudonymes. On peut ainsi remarquer que plusieurs experts du domaine utilisent cet outil.
             
Une recherche sur le mot veille dans la Community Library identifie de nombreux favoris, et l’on trouve parmi les principaux contributeurs Christophe Deschamps (Outilsfroids.net) et Aref Jdey (Demain la veille), etc.
             
En cliquant sur le nom de Christophe Deschamps par exemple, on accède à sa Public Library (plus de 4100 favoris publics), aux noms des internautes et des groupes qu’il suit et l’on peut, dans son Profile, cliquer sur le lien Common Stuff pour identifier les tags, les bookmarks et les groupes que l’on a en commun.  
             
Et si ses centres d’intérêt sont proches des notres, il suffit de cliquer sur le bouton Follow Me de sa page ; les signets qu’il ajoutera à sa Public Library seront alors automatiquement regroupés dans l’onglet My Network.
             
DES POSSIBILITES DE RECHERCHE RELATIVEMENT SOPHISTIQUES
             
Peu mises en avant, les possibilités de recherche de Diigo sont néanmoins relativement sophistiquées.
             
Si la zone de saisie principale proposée dans l’espace My Library permet de rechercher des signets par tags, la petite zone Search en haut de l’écran, destinée à la recherche sur l’ensemble du site, offre en fait bien plus d’options.
             
Dès la saisie des premières lettres, un menu déroulant s’affiche et permet de préciser si la requête doit être lancée dans ses bookmarks privés – choix par défaut –, dans la Community library, sur le nom des utilisateurs, sur les noms et descriptions des groupes, ou sur Google.
             
Lorsque la requête a été lancée dans My Library, un encadré Related searches propose, sur la droite, différentes options comme :
             
- See my items tagged... ;
            
- Search within results – une nouvelle zone de saisie permet alors de lancer une recherche sur les résultats obtenus ;
            
- Search title, tags, annotations and url of my items – par défaut, la recherche s’effectue sur le texte intégral des signets ;
             
- Advanced search.
             
Cette dernière option affiche une grille de recherche permettant de restreindre la requête par mots à certaines parties du document : tags, URLs, titre, description, texte, commentaires, highlights.
             
On peut également, depuis la zone de saisie de la page d’accueil, utiliser directement les différents opérateurs (tags:mot1, title:mot1, desc:mot1, etc.) et les combiner avec OR, –, etc.
            
Bref, tout est fait pour permettre de retrouver ses favoris aisément.
             
Au final, Diigo est bien plus qu’un outil de “bookmarking social”. S’il peut être utilisé, dans le cadre d’une veille, pour suivre l’actualité d’un domaine, son principal intérêt pour le professionnel réside à notre avis dans les possibilités qu’il offre de créer une “Private Library” – bien plus efficace que les favoris de son navigateur – ainsi que dans l’espace collaboratif privé qu’il permet de mettre en place.
            
Certes, certaines améliorations peuvent encore être apportées à l’outil – on aimerait, par exemple, que les possibilités de recherche sur la Community Library soient les mêmes que sur la Private Library, ou encore que l’on puisse envoyer par mail à un destinataire une sélection de liens, alors que l’envoi se fait favori par favori...–, mais l’on est déjà surpris par la richesses des fonctionnalités proposées par cet outil gratuit...
             
Espérons qu’il le demeure...
            
*http://reviews.cnet.com/4520-9239_7-6654999-1.html
** “Diigo Launches, Nobody Cares”
            
 http://mashable.com/2006/07/24/diigo-launches-nobody-cares/       
            
POUR INFO
www.diigo.com



Béatrice Foenix-Riou
Publié dans le n°84 de Netsources (Janvier/Février 2010)

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