Alerti : une alternative française à Google Alertes


Alerti est un nouvel outil de veille lancé en bêta privée en juin dernier. Il se définit comme un service de “gestion de la réputation en ligne et de veille concurrentielle”. Le principe n’est pas tellement éloigné de celui de Google Alertes, puisqu’il s’agit ici de créer des alertes par mots-clés sur certains types de sources (web, blogs, news, microblogs…) et de recevoir les nouveaux résultats par mail. La principale différence se situe au niveau de la convivialité de l’interface et des fonctionnalités collaboratives proposées.
 
Pour utiliser Alerti, la création d’un compte est obligatoire. L’outil est actuellement toujours disponible en version bêta privée gratuite mais dans les mois à venir, on devrait voir apparaître deux offres : une première gratuite, disposant de toutes les fonctionnalités mais ne conservant les données que pendant 30 jours et fournissant des statistiques limitées, et une seconde payante, sans les limites de la première.
           
L’interface est sobre mais claire et facile à prendre en main. Elle se compose de quatre onglets : Alertes, Tâches, Contacts et Rapports.
            
Le premier onglet permet de créer, gérer, modifier des alertes, mais également de consulter les nouveaux résultats.
             
L’écran central affiche la liste alphabétique  des alertes déjà créées ; sous chacune, on peut visualiser le nombre de résultats non lus, de résultats traités, de collaborateurs reliés à cette alerte ainsi que le nombre de tâches attribuées.
             
Un gros bouton jaune sur la gauche de l’écran permet de créer les alertes. Il suffit d’entrer les termes de la recherche dans l’interface de recherche simple ou de choisir l’interface avancée.
            
La zone de recherche simple permet d’utiliser le AND – c’est l’opérateur par défaut, qui fonctionne avec la simple saisie de deux termes séparés par un espace –, le OR et le NOT (représenté par un tiret).
            
Même si cela n’est mentionné nulle part, on constatera que l’utilisation des parenthèses est obligatoire, si l’on veut que le moteur comprenne correctement le sens de la question.
            
Si l’on souhaite par exemple retrouver des articles mentionnant les termes “remaniement” et “Fillon” ou “remaniement” et “Baroin”, Il faudra écrire “remaniement (Fillon OR Baroin)”.
             
La recherche avancée, quant à elle, propose les champs “tous les mots-clés suivants”, “cette expression exacte”, “au moins un des mots suivants”, “aucun des mots-clés suivants” et “aucun des sites web suivants”. Il faut ensuite entrer le nom de l’alerte, sélectionner la langue de recherche (toutes les langues ou l’une des 42 proposées), le pays (cela ne semble pas fonctionner puisque seul le champ “mondial” est disponible), le type de sources à surveiller (toutes les sources, les articles (news et/ou blogs), les forums, les microblogs (Twitter et/ou Friendfeed), les vidéos, les images, le Web et prochainement les réseaux sociaux), la fréquence de l’alerte (temps réel, une fois par jour, hebdomadaire ou aucune), puis choisir si l’on souhaite inclure l’analyse de la tonalité et se laisser la possibilité d’assigner des tâches à cette alerte.
           
Une fois l’alerte créée, on voit s’afficher l’ensemble des résultats de la recherche classés par ordre antechronologique.
             
Une barre en haut de l’écran permet de filtrer les résultats par type de sources (news, blogs, forums…), par période (aujourd’hui, cette semaine, ce mois-ci ou personnalisée) et selon quelques autres critères (non lus, lus, traités, non traités, positifs, négatifs, neutre…).
             
Sous chaque résultat, on voit apparaître un smiley (hystérique, neutre ou furieux) censé refléter la tonalité du document.
             
Comme pour tous les services qui utilisent ce système, le résultat est assez désastreux. Lors de nos tests, l’un des résultats s’intitulant “L’entreprise X voit son avenir à la hausse et avec optimisme” se voyait attribuer un smiley négatif. Seul avantage, Alerti offre la possibilité de modifier manuellement la tonalité attribuée par l’outil en cliquant sur la rubrique “tonalité” de la barre des tâches, qui apparaît en dessous de chaque résultat. Cette barre permet également d’ajouter des tags, de supprimer, d’annoter chaque résultat, de le partager sur Twitter, Facebook et Delicious, de le transmettre par mail ou bien d’assigner une tâche à une personne en rapport avec ce résultat (A commenter, A lire ou n’importe quelle autre tâche).
             
Pour partager une alerte avec un autre collaborateur, on cliquera sur le bouton “Ajouter un collaborateur” sur la gauche de l’écran, puis on indiquera son adresse mail, son nom, le nom du groupe auquel on souhaite l’intégrer et on lui attribuera des droits de collaborateur (ne peut pas modifier les paramètres de l’alerte) ou d’administrateur.                                   
 Comme dans un lecteur de flux RSS, on peut demander à l’outil de marquer tous les résultats comme lus.
             
L’onglet Tâches récapitule l’ensemble des tâches attribuées à ses collaborateurs ou à soi-même tandis que l’onglet Contact permet de gérer ses contacts et groupes de contacts. Pour finir, l’onglet Rapports propose de visualiser  graphiquement, pour chaque alerte, le nombre de résultats par jour et la répartition par type de média.
             
En ce qui concerne les alertes, on reçoit à la fréquence choisie un mail récapitulant le nombre de nouveaux résultats pour chaque alerte, ainsi que la liste des nouveaux résultats.
             
Au final, Alerti nous a laissé une impression plutôt mitigée.
             
D’un côté, on appréciera son interface ergonomique et collaborative, permettant de collecter des résultats de recherche de différentes sortes (blogs, microblogs, web, news) au sein d’une interface unique.
             
De l’autre, on note quelques points négatifs notables. A nos yeux, Alerti manque réellement de transparence sur les sources qu’il scanne et indexe. Sur le site, on apprend seulement qu’il est “basé sur un moteur de recherche qui scanne en continu tous types de sources (presse en ligne, blogs, forums, microblogs, réseaux sociaux, vidéos photos…)” et qu’il scrute “plusieurs dizaine de millions de sources dans toutes les langues, tous les pays”, ce qui reste tout de même assez vague.
           
On regrettera également qu’il n’y ait pas d’explication concernant les opérateurs de recherche disponibles et la syntaxe à utiliser. Dans une moindre mesure, il pourrait être appréciable de pouvoir recevoir les alertes par flux RSS (à l’image de Google Alertes).
            
Pour finir, nous avons cherché à savoir si Alerti proposait une réelle valeur ajoutée en termes de contenu. Retrouve-t-il les mêmes, plutôt moins ou plutôt plus de résultats que d’autres systèmes d’alertes ?
             
Nous avons donc choisi de comparer sur une même période les résultats proposés par Alerti avec ceux obtenus avec d’autres moteurs ou outils. Nous avons créé une alerte sur le nom d’un pôle de compétitivité, dont il a été fait mention récemment dans différents médias.
           
Au niveau des news, Alerti retrouvait une vingtaine de résultats, chiffre quasiment équivalent à ce que pouvait proposer Google News ou l’agrégateur de presse EDD sur la même période.
             
On notera tout de même que les résultats sont quasiment identiques à ceux de Google News tandis que, sur l’agrégateur EDD, la moitié des résultats proviennent de sources différentes. Tout ceci tend donc à confirmer la complémentarité des moteurs d’actualités et des bases de données presse.
             
Au  niveau des billets de blogs, Alerti est plutôt meilleur, puisqu’il en retrouve 29 alors que Google Blogs et Social Mention par exemple en retrouvent à peine une vingtaine.
             
En revanche, la tendance s’inverse pour les résultats de microblogging : Alerti retrouve trois résultats, tandis que Social Mention en fait ressortir huit. Dans le cas qui nous concernait, il n’y avait aucun résultat sur les forums, vidéos ou images dans l’ensemble des outils utilisés.
             
Finalement, ces quelques tests ont renforcé notre conviction selon laquelle Alerti n’est ni meilleur ni moins bon que ses concurrents. Il ne pourra être utilisé comme seul outil d’alertes et de veille, sous peine de passer à côté de quelques informations pertinentes, mais il constituera un bon complément à d’autres outils et services. Alerti possède suffisamment de qualités pour constituer une des briques d’un système de veille efficace, mais sûrement pas pour devenir le seul et unique composant ou le cœur du système.
 
 
 
Carole Barthole
Publié dans le n°87 de Netsources (Juillet/Août 2010)
 

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