Identifier des classements d'entreprises

Les professionnels de l’infodoc cherchent régulièrement à identifier des classements sectoriels de sociétés, notamment pour organiser une veille sectorielle ou concurrentielle.
            
Ces classements constituent une part non négligeable des études de marché, vendus à un prix souvent important. C’est également un des services proposés par les bases de données d’information sur les entreprises, accessibles par abonnement. 
 
Voici quelques techniques permettant de trouver ou constituer à moindre coût ces classements.
            
Il est possible que ces recherches mènent à des classements non mis à jour ou à une simple liste d’acteurs non-classés.

Il conviendra alors de faire une recherche sur les chiffres d’affaires de chaque société (cf. encadré).
             
PREMIERE APPROCHE PAR LES MOTEURS DE RECHERCHE
             
On peut commencer notre recherche par une requête sur un moteur, en combinant les principaux mots-clés évoquant le secteur étudié et ceux utilisés pour décrire un classement – en français et en anglais  –, comme palmarès, top, ranking(s) ou encore des expressions comme “meilleures sociétés”, “principales entreprises”, “best companies”, etc.
             
Une autre méthode nécessite comme pré-requis de connaître les principaux acteurs  du secteur étudié.
             
On peut alors effectuer une requête avec ces noms, dans l’idée de faire ressortir un classement.
             
Si l’on souhaite par exemple obtenir un classement des principales maisons d’édition en France, un coup d’œil à sa bibliothèque permet de penser que  Gallimard, Hachette et Le Seuil ont de fortes chances d’en faire partie.
            
La recherche : Gallimard Hachette Seuil sur Google affiche dans les premiers résultats une page intitulée “Les groupes d’édition en France”, qui liste les grands groupes avec leurs marques éditoriales, donne un classement par chiffre d’affaires, etc.
             
Les méthodes indiquées ci-dessus tiennent  plus du coup de chance que d’une véritable démarche professionnelle.
             
On peut cependant se permettre de les tester sans y passer trop de temps, d’autant que la nouvelle interface de Google – Google Instant Search, voir p.10 – permet de voir instantanément les résultats obtenus. Si cette nouvelle interface peut soulever quelques critiques, elle est très pratique quand on travaille sur des requêtes longues et variées.
             
Avec un peu d’expérience et de dextérité, on peut rapidement tester différentes combinaisons de mots-clés et faire le tour en quelques minutes de ce que propose Google dans sa première page de résultats.
             
POUR TROUVER L’INFO, CHERCHER LA SOURCE
             
Tout professionnel de la recherche d’information connaît cependant les limites des moteurs de recherche et a maintenant pour réflexe de se concentrer sur la recherche de la source, susceptible de contenir l’information dont il a besoin.
             
Quelles sont les sources d’informations permettant d’obtenir des classements de sociétés :
             
• Les classements généralistes
             
Les magazines américains Forbes et Fortune proposent tous les ans un classement des principales sociétés mondiales, selon leur chiffre d’affaires.

Fortune publie le Global 500 : http://money.cnn.com/magazines/fortune/global500/ avec la possibilité d’effectuer un tri par pays ou de faire ressortir les entreprises ayant obtenu la plus forte croissance.
             
Forbes édite tous les ans un dossier complet sur les 2 000 principales sociétés à travers le monde à cette adresse : www.forbes.com/forbes2000 ; il est possible de classer les entreprises par chiffre d’affaires, bénéfices, part de marché ou d’obtenir les classements par pays ou industrie. Plusieurs articles analysent différents aspects de ce classement.
            
En France, le site du magazine Expansion propose gratuitement, en partenariat avec Coface Services, un classement des 1000 principales sociétés françaises en termes de chiffre d’affaires. 
            
Il est possible de générer des classements à la carte par bénéfice, progression du CA, effectifs ou CA à l’export. On peut également effectuer des classements par région ou par industrie.
            
Ce classement est accessible à l’adresse :                                                                               www.lexpansion.com/economie/classement/.
             
Le site de Coface Services propose le même service sur son site, avec cependant l’obligation de s’inscrire pour accéder à certaines fonctionnalités :
www.cofacerating.fr/portail/chaineeco_classement/classement.asp
             
Pour les Etats-Unis, on peut se reporter aux sites de Forbes et Fortune ou aux listes du magazine Inc : www.inc.com/inc5000/.
             
Ces classements très généralistes ont cependant le défaut de mettre dans le même panier sectoriel des sociétés ayant des activités différentes.
             
Dans le cadre d’une recherche sur des thèmes précis, on se reportera aux sources suivantes :
            
• Les sociétés d’études
             
Nous l’évoquions en introduction : les sociétés d’études proposent des études de marchés comportant des classements sectoriels. Si l’accès complet à ces études risque de dépasser le budget alloué à la recherche, le sommaire est souvent accessible gratuitement, notamment chez Xerfi et Euromonitor.
             
Celui-ci peut contenir la liste complète des entreprises citées et mettre en évidence les acteurs du secteur par ordre d’importance. Rechercher les études proposées  par les principaux prestataires, même sans l’intention de les acheter, est donc un bon réflexe.
             
• La presse spécialisée
             
La presse économique et la presse spécialisée publient régulièrement des classements ou des panoramas des entreprises de leur secteur. 
            
 Une recherche dans une base d’archive de presse est à privilégier. On peut également vérifier si ce type d’article n’est pas disponible gratuitement sur le site du magazine.
             
C’est par exemple le cas sur le site du Groupe Moniteur,  qui propose différents classements dans le secteur de la construction : www.lemoniteur.fr/P_moncompte_externe.php?target=ENTREPRISE.
             
Le magazine américain Stores offre quant à lui un classement complet des sociétés de distribution, repris en France par le magazine LSA : www.stores.org/content/stores-top-100-lists.
          
Private Equity Magazine publie gratuitement les 50 meilleurs fonds d’investissement mondiaux : www.peimedia.com/pei50/.
             
La revue Solutions & Logiciels dispose d’un classement des SSII et des éditeurs de logiciels : www.solutions-logiciels.com/ top_editeurs_2010.php.
             
Ne pas négliger les pure players d’Internet comme Le Journal du Net, qui offrent régulièrement des classements dans le secteur des nouveaux médias : www.journaldunet.com/ebusiness/classements.shtml.
             
Les sites d’information financière sont également pourvoyeurs de classements, comme l’agence Platts, spécialisée dans le secteur énergétique – www.platts.com/ Top250Home/ – ou ce site d’informations boursières, qui reprend différents classements : www.fb-bourse.com/ category/classements/.
             
Pour identifier une revue spécialisée dans un secteur, on peut se reporter à la liste des sources de son agrégateur de presse ou aux sites Guide Presse (www.press-directory.com/), à celui de la Fédération nationale de la presse spécialisée (www.fnps.fr/) ou à celui de l’OJD  (www.ojd.com/).
             
Un bon réflexe est également de vérifier dans l’article l’origine du classement, qui peut avoir été fait en collaboration avec un cabinet de conseil ou une agence de presse. On se rendra alors sur le site de ce cabinet, afin de vérifier si une étude plus complète que l’article n’est pas accessible en ligne.
             
Nous prendrons l’exemple du Truffle 100 : ce fonds d’investissement propose un classement des éditeurs de logiciels,  régulièrement cité dans la presse, et qui dispose d’un site complet : (www.truffle100.com/).
            
Dans le même ordre d’idée, le cabinet Deloitte offre un célèbre classement des sociétés les plus innovantes, le Fast 50 (http://fast50france.com/).
             
• Les fédérations professionnelles et les portails sectoriels
             
Les fédérations professionnelles et les portails sectoriels restent une source d’informations essentielle sur un secteur.
             
Si l’on ne trouve pas toujours sur leur site  des classements aussi complets que celui offert par l’International Association of Outsourcing Professionals (www.iaop.org/ content/23/152/1793/) ou par la Fédération de la vente à distance (www.fevad.com), le site des fédérations permet au moins d’identifier les principaux acteurs d’un secteur, ce qui constitue une première base pour composer un classement en retrouvant les chiffres d’affaires par ailleurs.
             
Pour identifier un portail ou le site d’une fédération, on peut se reporter aux répertoires d’Objectifs Ecoles (www.objectifgrandesecoles.com/pro/secteurs/index.htm), de Médiaveille (www.mediaveille.com/Guide-de-portails-sectoriels_a180.html) ou à la liste du Medef (www.medef.com/medef-corporate/le-medef/federations.html).
             
Dans un même ordre d’idée, les salons professionnels peuvent aussi fournir – via la liste de leurs exposants –  un panorama des différents acteurs d’un secteur.
             
Nous venons de le voir, un grand nombre de sources très diverses permettent d’identifier des classements.
             
Comme ceux-ci sont régulièrement mis à jour, il est particulièrement important de se constituer un répertoire de ces sources pour pouvoir les retrouver facilement.
             
Inutile cependant de chercher à rivaliser avec Gary Price, qui a élaboré cette étonnante List of Lists essentiellement composée de classements de sociétés américaines, mais dans laquelle on trouve néanmoins quelques classements de sociétés européennes : www.specialissues.com/lol/
             
DETERMINER LE CHIFFRE D’AFFAIRES D’UNE SOCIETE
             
Il est courant de trouver au mieux un classement qui ne soit pas à jour ou, au pire, une liste non classée d’acteurs sectoriels. Voici quelques techniques pour retrouver rapidement le chiffre d’affaires d’une société.
             
La meilleure source reste le site officiel de la société et son rapport annuel. Nous avons ici la certitude de trouver le CA le plus à jour. Autre avantage, nous avons la possibilité d’y trouver la répartition du CA par branches ou par zone géographique, ce qui peut permettre d’affiner ainsi le classement. En effet, attention de ne pas fournir un classement mondial, quand la demande concerne un classement européen ou français ; l’ordre des sociétés peut être bien différent.
             
Les autres sources pour les sociétés ne communiquant pas leurs informations financières sur leur site officiel sont, pour la France notamment, les bases de données financières sur les entreprises, telles Societe.com, Infogreffe et le module Bilans gratuits des Echos. Les différentes bases de données économiques pourront bien sûr être interrogées pour des entreprises à l’international.


Marc Andouche
Publié dans le n°87 de Netsources (Juillet/Août 2010)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire