Online Information 2010 : surface toujours plus petite mais fréquentation soutenue

L’édition 2010 du Online Information à Londres a vu se poursuivre une tendance déjà observée les années précédentes : la réduction de la surface de l’exposition, et ce malgré la présence d’environ 200 exposants, dont 30 % n’étaient pas présents l’an passé, d’après les organisateurs.
             
Ces derniers ont déployé nombre d’astuces pour masquer cette réduction :  masquage d’une partie de l’espace par des salles de conférences, grand espace bar au milieu de l’exposition etc. Pour remplacer les exposants traditionnels absents, les organisateurs avaient aussi créé un espace XML et invité des acteurs de la gestion des bibliothèques, ces thématiques étant néanmoins déjà partiellement présentes les années précédentes.

 
Il restait quelques exposants traditionnels offrant du contenu, qu’ils soient serveurs et/ou producteurs, tels que Proquest/Dialog dont le stand ne désemplissait pas, Gale de Cengage Learning, Ebsco, Elsevier, Biomed Central, LexisNexis, Taylor et Francis, Thomson Reuters ou encore Wolters Kluwer/Ovid parmi les plus grands ; mais l’on trouvait aussi l’American Psychological Association ou Oxford University Press. On observait également le retour de Nikkei après plusieurs années d’absence.                       

En revanche, les “pure players” des brevets tels que Questel ou MineSoft étaient absents. Cela s’explique par le nombre important de manifestations spécialisées sur le sujet existant aujourd’hui.
            
On pouvait néanmoins trouver de l’information brevet chez LexisNexis (TotalPatent) et Proquest/Dialog, mais elle n’était mise en avant ni chez l’un, ni chez l’autre.
             
En ce qui concerne les exposants français, on retrouvait l’Inist ainsi que des éditeurs de logiciels tels que Temis, Mondeca, ou Exalead, mais il n’y avait pas de pavillon français organisé par le GFII, pas plus d’ailleurs que de session française, effet probable du renfermement du GFII sur lui- même. On trouvait par ailleurs un stand national espagnol, ainsi qu’une présence russe avec l’ICSTI.
             
Si la surface de l’exposition a diminué de façon importante, on ne peut en dire autant du nombre de visiteurs et de congressistes qui ne semblait pas avoir chuté, même au-delà de l’“effet d’optique” lié a la dimension réduite de la surface d’exposition. Il y en aurait même sans doute eu plus si le temps avait été plus clément.
             
Ces visiteurs/congressistes ont eu, au-delà de la visite de l’exposition, largement de quoi s’occuper.
            
En effet, outre le congrès, payant et malheureusement relativement éloigné de l’exposition, plus de 100 conférences gratuites de 30 minutes étaient proposées pendant les trois jours ; certaines rencontraient un succès certain, tandis que d’autres présentaient moins d’intérêt.
             
Par ailleurs, Ebsco et l’association américaine SLA (Specialized Library Association) avaient, comme l’an dernier, organisé des conférences chaque jour à l’heure du déjeuner.
             
En caricaturant quelque peu, on peut dire qu’il y avait – comme d’ailleurs les années précédentes – un décalage entre le programme des différents types de conférences – qui tournait autour des concepts de cloud, de Web 2.0, de Web social, de média social et de mobiles –, et la présence loin d’être négligeable de contenu plus “traditionnel” dans l’exposition elle-même.
           
Il y avait aussi beaucoup de présentations plus ou moins privées, plus souvent dédiées justement au contenu, comme celle de Dialog. Elles étaient en principe destinées aux clients des exposants, mais certaines sociétés ont joué les “coucous” en organisant des réunions dans un hôtel voisin, profitant ainsi de la concentration de professionnels de l’information, mais sans avoir de stand.
             
Signe enfin de la dimension “lieu de rencontre”, qui est notable dans cette manifestation, la fréquentation du très grand bar avec de nombreuses tables, situé au milieu de l’exposition, était très importante.
             
On voit donc que la force d’attraction d’une telle manifestation est loin de s’effondrer, contrairement à la surface de l’exposition, même si on a pu observer dans nombre d’entreprises françaises une limitation des voyages à Londres, ce qui a dû aussi être le cas dans d’autres pays, compte tenu de la crise.
             
Le fort renouvellement des “petits exposants” (30 % de nouveaux, rappelons-le) peut s’expliquer par l’opportunité de présenter un nouveau produit à une large clientèle internationale, permettant d’engranger de nombreux contacts, le nombre de contacts nouveaux déclinant naturellement dès l’année suivante.
             
Les organisateurs se trouvent dans une situation délicate. En effet, d’un côté la manifestation attire toujours du monde, venu soit pour l’exposition – qui, même de taille réduite, garde une taille significative –, soit pour entendre des conférences ou encore pour rencontrer des fournisseurs et collègues, ce qui représente une vraie valeur.
             
D’un autre côté, la surface de l’exposition – et donc le chiffre d’affaires généré par les stands – baisse inexorablement.
             
Deux pistes pourraient être explorées :
           
- mieux valoriser la présence du grand nombre de spécialistes de l’information, venant de très nombreux pays ;
           
- enrayer la baisse de la surface de l’exposition (au moins de la surface telle qu’elle apparaît) en changeant de lieu, en baissant les prix ou en attirant des exposants particulièrement innovants à des conditions financièrement très intéressantes.
             
L’avenir nous dira quelles solutions seront mises en place.
            
Les dates de la prochaine manifestation sont d’ores et déjà fixées : du 29 novembre au 1er décembre 2011, toujours dans l’espace Olympia.

François Libmann
Publié dans le n°276 de Bases (Novembre 2010)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire