Openaire.eu : les résultats de la recherche scientifique en Europe


Le projet OpenAIRE (Open Access Infrastructure for Research in Europe) est le fruit d’une initiative pilote de la Commission européenne sur l’accès libre, lancée en août 2008 : à cette date, elle décide que 20% des recherches financées par l’Union européenne dans le cadre du 7ème Programme cadre de recherche et de développement (7ème PCRD) devront faire l’objet d’une diffusion en accès libre. Sept disciplines sont concernées : santé, énergie, environnement robotique, sciences socio-économiques et humaines, programmes “infrastructures électroniques” et “science dans la société”.
        
Les publics visés sont multiples : pour les chercheurs, il s’agit de stimuler la compétitivité, mieux partager les résultats des travaux de recherche et éviter les recherches-doublons ; pour les entreprises et les PME en particulier, le bénéfice attendu est d’accélérer la commercialisation de produits innovants ; pour les citoyens enfin, Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne, chargée de la stratégie numérique déclare : “tous les citoyens de l’Union européenne ont le droit d’accéder aux connaissances produites grâce à des fonds publics et d’en tirer profit”. La ligne générale est de développer une Union de l’Innovation.
             
La mise en œuvre du portail OpenAIRE a débuté en décembre 2009, pour une durée de 36 mois jusqu’en décembre 2012. Il vient d’être lancé officiellement le 3 décembre dernier par la Commission européenne, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’université de Gand en Belgique, qui est également coordonatrice des pays “Europe de l’Ouest” du projet.
             
OpenAIRE regroupe 38 institutions partenaires représentant 26 des 27 pays de l’Union européenne (manque le Luxembourg).
             
Dans chaque pays, un bureau national est chargé de diffuser de l’information sur l’Open Access, et d’apporter soutien et assistance aux chercheurs ou aux institutions devant se mettre en conformité avec ce programme pilote pour l’Open Access en Europe.
            
En France, OpenAIRE est coordonné par le consortium académique Couperin, qui joue le rôle d’interface entre les chercheurs et leurs institutions d’une part et les services européens d’autre part.
             
Le dispositif s’appuie sur les archives ouvertes existantes dans chaque pays, qu’il s’agisse d’archives ouvertes institutionnelles, thématiques ou nationales.
            
La grande majorité de ces archives a été rendue compatible avec le projet OpenAIRE et un document spécifique a été diffusé dans cette optique auprès des gestionnaires d’archives ouvertes (OpenAIRE Guidelines).
             
Ensuite, le portail mis en place au niveau européen va moissonner les archives compatibles et utilise les métadonnées pour en extraire les articles scientifiques issus de projets de recherche estampillés “7ème PCRD”.
            
Les résultats sont consolidés en un endroit unique et consultables sur le site www.openaire.eu.
             
Pour les chercheurs ne disposant pas d’archives compatibles dans leur institution ou leur pays, une possibilité de dépôt direct dans l’archive européenne est proposée dans un entrepôt dit “orphelin”, hébergé par le CERN en Suisse.
             
A l’heure actuelle, seulement 264 articles sont consultables à travers OpenAIRE. On peut légitimement penser que ce nombre va croître significativement d’ici décembre 2012. Lors de nos tests, tous les articles disponibles semblaient avoir été “moissonnés” dans HAL, la principale archive ouverte en France.
             
Pour les consulter, l’utilisateur a le choix entre une exploration par langue, par nom de projet, par nom de programme, par année de publication ou par domaine scientifique.
             
Après avoir choisi l’un de ces critères, une liste de résultats s’affiche et une colonne à gauche permet d’affiner encore par un autre de ces mêmes critères. Un simple clic sur le titre de l’article ouvre directement le document dans un fichier PDF ou une page html.
             
L’utilisateur peut également choisir d’effectuer sa recherche à partir d’un moteur interne qui se décline en deux modes : simple ou avancé.

La recherche simple est de type “Google” : une zone de saisie invite à entrer un ou plusieurs mots-clés. Aucune aide en ligne n’est offerte mais nos tests nous ont permis de déterminer qu’un espace entre deux mots équivaut à un ET, mais que l’opérateur OR ne fonctionne pas. L’utilisation des guillemets est admise pour la recherche d’expression exacte.
            
Dans la recherche avancée, il est possible de préciser si l’on souhaite utiliser l’opérateur ET (all words) ou l’opérateur OU (any words) entre les mots et de préciser un champ (auteur, éditeur, sujet, titre).
            
Des limitations supplémentaires sont offertes en déroulant le choix Edit Limits : date de publication (au mois près et non plus seulement à l’année), pays, langue du document, domaine scientifique, programme concerné, archive ouverte d’origine.
             
La saisie de ces limites est facilitée par le choix au sein d’une liste prédéfinie.
             
Du succès de ce portail dépendra l’extension de l’obligation de dépôt à l’ensemble des recherches qui seront financées par le 8ème PCRD.
            
Les enjeux liés à la réussite d’OpenAIRE sont donc considérables pour le mouvement de l’Open Access à l’échelle européenne.
             
INFORMATIONS     
http://www.openaire.eu

Aurélie Vathonne
Publié dans le n°277 de Bases (Décembre 2010)

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