Theses.fr : et si c'était vrai ?

Le 11 juillet 2011, nous pouvions lire sur le site de l’Abes «Theses.fr, moteur de recherche des thèses de doctorat françaises, ouvre aujourd’hui. Vous y trouverez les références de presque  6 000 thèses de doctorat soutenues depuis 2006 dans une cinquantaine d’établissements. L’accès au texte intégral est disponible pour plus de 4 000 thèses».
            
Autant dire que la nouvelle nous a fait plaisir, et ce pour plusieurs raisons.
 
La première, c’est qu’un moteur entièrement dédié aux thèses françaises, avec une interface simple et intuitive au design sobre et moderne, est un événement en soi.                     
Mais ce qui a surtout retenu notre attention, c’est la possibilité de pouvoir accéder au texte intégral de plus de 70 % des thèses référencées.
             
Souvenons-nous qu’en des temps pas si lointains, la recherche de thèses françaises en texte intégral s’apparentait à une véritable chasse au trésor, parsemée de multiples embûches. Après délimitation du sujet de la recherche, on se dirigeait sans hésitation vers le site du Sudoc, pour réussir à trouver les thèses en adéquation avec sa problématique.
            
C’était là la partie la plus simple de la quête. Ravis par les trouvailles, il fallait ensuite récupérer le texte intégral de ces thèses, puisque le Sudoc ne fournissait que la référence bibliographique.
             
Dans un premier élan, on se rendait alors sur le site de l’université ou de l’école de soutenance, dans l’espoir d’y trouver une bibliothèque numérique de thèses.
             
C’était l’occasion de découvrir que certains avaient leur propre bibliothèque numérique hébergée sur leur site, que d’autres s’étaient regroupés (par région, par groupe d’écoles de même domaine, etc) pour proposer une bibliothèque commune et que d’autres enfin n’avaient tout simplement rien prévu.
             
Le plus souvent, la quête s’arrêtait là.
             
Lorsque cette recherche était infructueuse, on tentait sa chance sur TEL, le serveur de thèses multidisciplinaires.
            
Malheureusement, les requêtes restaient trop souvent sans réponse.
             
S’ensuivait alors une recherche sur le site de l’ANRT (Atelier national de reproduction des thèses) et sur Refdoc (commande de documents primaires de l’Inist) où, au mieux, on réussissait à trouver la thèse et à la commander au format papier.
             
Si tout cela n’était toujours pas concluant, lassés par tous ces vains efforts, on sortait alors ses dernières cartes : le contact direct avec l’université ou l’auteur, même si ce dernier ne se montrait pas toujours très coopératif.
            
Au final, on arrivait généralement à ses fins, mais dans des délais qui frisaient l’indécence, à une époque où le temps réel était érigé comme modèle.
             
Heureusement, on semble entrapercevoir les prémices d’une nouvelle ère d’accès aux travaux universitaires.
             
Dotée d’une interface épurée, qui n’est pas sans rappeler celle d’Isidore (Voir Bases n°276, novembre 2010), la page d’accueil de Theses.fr est constituée d’un moteur de recherche simple, qui permet d’utiliser les opérateurs ET (représenté par un  espace), OU (or en minuscule) et SAUF (représenté par un –). La recherche se fait sur le texte intégral des thèses, s’il est disponible.
             
On peut limiter la requête aux thèses disponibles en texte intégral, en cochant la case «Uniquement les thèses soutenues accessibles en ligne». Une liste déroulante proposant des noms de personnes, des mots-clés ou des organismes s’affiche au fur et à mesure de la saisie des mots-clés.
             
Il est possible de désactiver cette fonctionnalité en cliquant sur «désactiver l’autocomplétion», au dessus du moteur.
             
Une fois la liste des résultats affichée, on peut alors filtrer les réponses grâce à différentes options dans la colonne de gauche.
             
On dispose d’une frise chronologique permettant de limiter la recherche à un intervalle d’années ; on peut également filtrer par établissement, discipline, école doctorale, langue, directeur de thèse et/ou domaine.
             
Les résultats sont classés par défaut par pertinence, mais on peut choisir de les classer par auteur, titre, discipline ou date.
             
Pour chaque référence, on dispose du titre de la thèse, de l’auteur, du directeur de thèse, de la ville de soutenance, de la discipline et de la date de soutenance. En cliquant sur une référence, on accède alors à une fiche plus détaillée comprenant notamment les noms des membres du jury, un résumé en français et en anglais et, lorsque c’est possible, un bouton «accéder en ligne» qui renvoie sur le document hébergé sur le site de l’université.
             
Si l’on ne souhaite pas lancer une recherche précise, mais simplement explorer le contenu disponible, on peut cliquer sur le bouton «explorer toute la base» proposé sur la page d’accueil.
             
En termes de services avancés, Theses.fr permet de s’abonner à des flux Atom sur les nouvelles thèses soutenues ou accessibles en ligne et sur les résultats d’une recherche. Il propose également de partager le contenu dans des outils du Web social et de récupérer les références dans le gestionnaire bibliographique Zotero.
             
Nous ne pouvons que nous féliciter de cette excellente initiative qui fera, à n’en pas douter, gagner un temps précieux à tous les professionnels de l’information.
             
Dans les semaines à venir, le site s’enrichira d’un moteur de recherche dédié aux personnes, d’un autre dédié aux organismes, ainsi que d’un espace personnel permettant d’accéder à des services d’alertes et de veille individualisés.
             
En septembre, s’ajouteront les données relatives aux thèses de doctorat, qui sont actuellement en préparation.
             
Et à terme, Theses.fr vise l’exhaustivité du signalement de thèses de doctorat soutenues en France depuis 1985, par versement des données du Sudoc.
            
Il ne reste plus qu’à espérer que le nombre de thèses disponibles en texte intégral augmentera dans les mêmes proportions que le nombre de références.
            
INFORMATIONS
http://www.theses.fr
 
 

Carole Barthole
Publié dans le n° 282 de Bases (Mai 2011)

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