Actualité Googlienne

Les aficionados de Google auront sans doute remarqué les changements apparus ces dernières semaines dans la présentation des résultats, lors de certaines recherches sur le Web.
            
NOUVEAU FORMAT POUR LES «SITELINKS»
             
La première modification concerne l’affichage des «sitelinks», ces liens que propose quelquefois le moteur – depuis plusieurs années – sous la première réponse, et qui pointent directement vers quelques rubriques du site, sans que l’on sache vraiment pourquoi certains sites en bénéficient et d’autre non, ni comment sont choisies les rubriques....
Jusqu’ici, ces sitelinks étaient présentés le plus souvent en deux colonnes de quatre liens, relativement discrets et dans une police plus petite. Depuis quelques semaines cependant, ils apparaissaient quelquefois dans un format plus détaillé, qui a été officialisé par Google dans un billet paru le 16 août sur son blog (http://goo.gl/Gcxcm).
             
Les nouveaux sitelinks affichent désormais, pour chaque lien, le titre, l’URL et un extrait de la page ; ils sont donc à l’image des résultats classiques.
            
Autre nouveauté : le nombre de liens a significativement augmenté, puisque ces sitelinks géants peuvent comporter entre huit et douze liens. L’ordre et le nombre de liens proposés pour un même site varient cependant selon la requête des internautes.
             
Enfin, l’algorithme qui génère ces sitelinks a été amélioré, pour être en cohérence avec celui des résultats de recherche.
            
L’écran ci-dessous, obtenu lors d’une requête avec les mots recherche éveillée, illustre la place accordée à ces nouveaux sitelinks.
             
Quand on sait que les trois premiers résultats proposés par Google génèrent à eux seuls, d’après une étude d’Optify (http://goo.gl/6ZW9L), près de 60% des clics, on se rend compte que la place accordée par le moteur à ces nouveaux sitelinks est loin d’être anodine pour l’internaute. D’autant que sur un écran de taille moyenne, ils occupent la plus grande partie de la page.
            
Google montre ici, une fois de plus, que sa politique n’est pas d’aider l’utilisateur à «chercher» l’information – comme le fait par exemple Exalead, en proposant des pistes d’exploration telles que les termes associés –, mais plutôt de l’aider à la «trouver», quitte à le prendre «par la main» pour le guider vers LA réponse qu’il juge la mieux appropriée.
            
C’est là une stratégie adaptée à sa cible principale – l’utilisateur final –, mais qui gêne toujours le professionnel de l’information.
             
Cela étant, l’impact de cet affichage est à relativiser car, lors de nos tests, ces sitelinks détaillés ne sont apparus que lorsque l’URL du résultat correspondait exactement au(x) terme(s) recherché(s) : nom d’une marque, d’une entreprise, etc.
             
Ainsi, si la requête avec «recherche éveillée» affichait sous le site éponyme les sitelinks détaillés, la question «recherche éveillée sur internet» (avec ou sans les guillemets) obtenait quant à elle une page de résultats «classique» de Google.
             
De la même façon, on obtient lors d’une recherche avec le mot «abondance» des résultats classiques, avec des sitelinks très discrets – quatre liens sur une ligne, sous les sites Abondance.com et Abondance.org, voir écran ci-dessus –, quand la requête                        
Abondance.com propose des sitelinks détaillés pour le site d’Olivier Andrieu, permettant à l’internaute d’aller directement à la rubrique de son choix.
             
LES RESULTATS DE GOOGLE+ INTEGRES DANS GOOGLE WEB                                    

Nous avons vu dans le numéro 92 de Netsources que Google avait supprimé son module de recherche «temps réel», suite à la fin de son partenariat avec Twitter.
             
Il a annoncé récemment au site Mashable (http://goo.gl/v7G1s) qu’il comptait réintégrer cette fonctionnalité avec, en particulier, des données issues de Google+ et d’autres sources sociales.
             
Presque simultanément, et pour nous faire patienter en quelque sorte, il a également annoncé à la mi-août sur son blog (http://goo.gl/vkkQw) que les données partagées publiquement sur Google+ étaient désormais intégrées à la «recherche sociale» de Google, et pouvaient donc apparaître dans les résultats web.
            
Concrètement, cela signifie que lorque l’on est inscrit à Google+, que l’on suit les flux d’autres personnes, et que l’on est «logué» avec son compte Google, on peut voir apparaître dans les résultats d’une recherche sur Google Web, sous l’extrait d’une page, la mention que l’un de ses contacts a «partagé le résultat sur Google+», ou qu’il a cliqué sur le bouton «+1» de la page.
             
La photo du contact en question est affichée en petit, à côté de son nom, si elle est présente sur son profil.
            
Les données de Google+ viennent donc compléter les résultats de la «recherche sociale», expérimentée dès 2009 dans les laboratoires de Google.
            
Ses données ont été intégrées aux résultats web en février 2011 aux Etats-Unis (http://goo.gl/dAgc4) et en mai dans les autres pays (http://goo.gl/WE039).
            
Par «recherche sociale», Google entend à la fois les résultats partagés par les contacts de son réseau, mais aussi par «les contacts de ses contacts»... Il n’est pas rare en effet, en glissant le curseur sur le nom d’un profil, d’afficher la mention «Vous êtes en contact avec M. X via M. Y. Vous êtes en contact avec M.Y sur Google+».
             
Quant aux «réseaux» pris en compte, ils ne se limitent pas à Google+ mais intègrent les réseaux que l’on a «autorisés» – quelquefois sans le savoir – via le «tableau de bord» de son compte, ainsi que ceux liés aux profils de ses contacts...
             
Si l’on souhaite restreindre sa recherche aux pages «partagées» par ses contacts, on peut aussi  – plutôt que de faire défiler les pages web en scrutant la présence d’un profil – utiliser le lien «Réseaux sociaux», qui est proposé dans le bas de la colonne d’outils, lorque l’on est connecté avec son compte Google – et uniquement dans ce cas –.
            
On affiche alors les pages recommandées par ses contacts, ainsi que des résultats extraits de ses abonnements Google Reader (voir écran ci-contre).
             
Cette fonctionnalité peut être utile lorsque l’on souhaite par exemple retrouver des articles spécifiques ou des «recom-mandations» sur certains sujets ; mais elle souffre néanmoins de plusieurs faiblesses, la principale étant à notre avis l’algorithme de classement, qui ne semble pas très cohérent et qui, surtout, ne permet pas de tri chronologique.
           
Il est en effet impossible actuellement de combiner la recherche sur les «réseaux sociaux» avec une quelconque limitation par date, les options de la colonne d’outils relançant automatiquement la recherche sur tout le Web...
            
Or, si l’on souhaite filtrer les résultats aux pages «recommandées» par son réseau, il nous semble indispensable de pouvoir au moins disposer d’un tri chronologique, à défaut de pouvoir utiliser la recherche par «période personnalisée» !
             
COMPTE GOOGLE+ UN VRAI NOM SINON RIEN
              
La politique de Google semble donc être, plus que jamais, de «personnaliser» ses résultats et d’authentifier les sources.
             
La notion de «recommandation» – que ce soit via le partage de liens sur Google+ ou via le bouton +1 – risque d’ailleurs de prendre un nouvel essor.
             
Google a en effet annoncé le 24 août (http://goo.gl/YDxRd) que ce bouton +1, installé sur plus d’un million de sites (4 milliards de pages vues par jour !), allait permettre de poster directement une information sur Google+, depuis le site sur lequel il était installé (à la manière du bouton «J’aime» de Facebook)...
             
Quand on voit le succès qu’a connu ce bouton dans le monde, on peut penser que cette notion de «recommandation» risque de transformer les recherches sur Internet.
            
D’autant que pour «valider» en quelque sorte ces recommandations, Google a rendu obligatoire l’inscription à Google+ sous son vrai nom. Il a d’ailleurs supprimé un grand nombre de comptes enregistrés sous pseudonyme au cours de l'été, provoquant de nombreuses polémiques. Sans revenir sur sa décision, il a néanmoins adouci les conditions d'utilisation et permet désormais l'usage d'un pseudonyme... après inscription sous son vrai nom ! Et la procédure va plus loin, puisque Google introduit progressivement une vérification des profils des comptes Google+, du moins pour les personnalités «influentes» (ayant été ajoutées à de nombreux cercles). Les profils validés sont signalés par un symbole 4 à droite de leur nom (nom vérifié).
             
Plus que jamais, il va falloir être attentif aux résultats de Google et à son algorithme de classement  – le nouvel algorithme, baptisé Google Panda, vient d’ailleurs d’être lancé en France –.
             
Les prédictions qu’Olivier Ertzscheid avait faites en mai 2010 sur Affordance, suite à la montée en puissance du bouton «J’aime» de Facebook, prennent aujourd’hui tout leur sens avec Google+ et son bouton +1.
             
L’article débutait ainsi : «L'économétrie de l'attirance contre l'économie du lien. Ou comment le "like" pourrait bien tuer le "lien".»
             
La (re)lecture de cet article s’impose aujourd’hui... (http://goo.gl/FkdUI).



Béatrice Foenix-Riou

Publié dans le n° 93 de Netsources (Juillet/Août 2011)

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