CiteUlike.org : le Diigo des scientifiques

Les outils de Social Bookmarking permettent aux internautes de stocker et partager des ressources web.
             
Ces services ont commencé à apparaître vers le milieu des années 2000 et certains n’ont cessé de s’améliorer depuis, tandis que d’autres ont tout simplement disparu du paysage. Les plus connus et les plus utilisés aujourd’hui ne sont autres que Delicious (Netsources n°60, http://goo.gl/ KrQzz) et Diigo (Netsources n°84, http://goo.gl/sUowU) ; mais ces deux outils restent très généralistes et ne sont pas parfaitement adaptés à certains usages et catégories d’utilisateurs, comme la communauté scientifique.

Parallèlement à ces outils généralistes, plusieurs outils de social bookmarking thématiques – dédiés notamment à la communauté scientifique – ont vu le jour.
             
On pourra citer Connotea, dont nous avions parlé dans le n°228 de Bases (Juin 2006, http://goo.gl/UH84Z), CiteUlike, 2Collab (qui a disparu depuis quelques mois) ou encore Bibsonomy.
              
CiteUlike en particulier présente un intérêt certain pour la communauté scientifique, puisqu’il permet à la fois de gérer une bibliographie en récupérant de manière semi-automatique des références sur les sites des grands éditeurs, bases de données en ligne (Pubmed par exemple) et autres sites et moteurs proposant des références bibliographiques, de partager ou non ces références avec d’autres utilisateurs de manière publique ou au sein de groupes, d’identifier des utilisateurs ayant les mêmes intérêts et de suivre leurs ajouts ou de suivre les nouveaux résultats sur une thématique donnée.
            
CiteUlike existe depuis 2004 et a été créé par l’université de Manchester.
             
Pour profiter pleinement des nombreuses fonctionnalités, on commencera par créer un compte en cliquant sur «Join Now» au centre de la page d’accueil.
             
Pour simplifier l’enregistrement des références bibliographiques, on installera ensuite un bouton «CiteUlike» dans la barre de son navigateur, afin de sauvegarder en un clic la page sur laquelle on se trouve.
             
Pour l’installer, il suffit de cliquer sur l’onglet «CiteUlike» depuis l’interface d’administration, choisir «Browser Button» et suivre la procédure d’installation. Une fois celle-ci terminée, on dispose d’un bouton «Post to CiteUlike» dans la barre d’outils de son navigateur.
             
STOKER, GERER ET PARTAGER DES REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
            
 CiteUlike est en premier lieu un outil de gestion bibliographique.
            
 Lorsque l’on se trouve sur une page web proposant une référence bibliographique, il suffit alors de cliquer sur le bouton «Post to CiteUlike» pour l’enregistrer dans son espace personnel.
             
On arrive alors sur l’interface de CiteUlike où sont proposées différentes options avant l’enregistrement définitif. L’outil a automatiquement récupéré le titre de l’article, le résumé, le nom et le numéro de la revue, le numéro des pages et le nom des auteurs.
             
On peut ensuite entrer des tags, appliquer un niveau de priorité, déterminer si la référence sera visible par les autres utilisateurs ou uniquement par nous («Don't let other people see that I've posted this article»), écrire une note, charger une pièce jointe (le texte intégral de l’article en PDF par exemple)..., puis il faut cliquer sur «Post article».
             
CiteUlike réussit, dans la plupart des cas, à récupérer automatiquement les informations bibliographiques ; pour certains sites néanmoins il ne reconnaît pas le format de la notice. Dans ce cas, il faudra entrer manuellement la référence en cliquant sur «Post Manually» dans l’onglet «MyCiteUlike» de l’interface d’administration.
             
L’ensemble des références ajoutées se retrouve dans la rubrique «My Library» ; les références sont classées par ordre d’ajout, le dernier ajout apparaissant en premier.
             
Pour chaque référence on dispose, en plus des informations habituelles (titre, auteurs, nom de revue…), d’un code couleur permettant de savoir si seul le résumé est disponible, si la référence a été annotée et s’il y a une pièce jointe. On peut exporter tout ou partie de la bibliographie au format RIS, BibTex, PDF, RTF, texte ou l’envoyer sur Delicious.
             
Un moteur de recherche permet d’autre part de lancer une requête par mots dans ses références (bouton Search disponible dans la rubrique My Library).
             
Le moteur recherche par défaut sur la majorité des champs, permet l’utilisation des opérateurs booléens AND (&&), OR (par défaut) et NOT ( !) : on peut utiliser la troncature (? pour un caractère et * pour un nombre illimité de caractères),  et limiter la recherche à certains champs : tag (en écrivant tag :mot), auteur (author :mot), année (year :[année1 TO année2]).
             
TIRER PARTI DES AUTRES UTILISATEURS ET DES CONTENUS PARTAGES
             
CiteUlike compte à ce jour plus de cinq millions de références bibliographiques.                Tous les utilisateurs ne rendent pas leurs bookmarks publics, mais un nombre relativement important d’entre eux jouent le jeu de la collaboration.
             
Pour retrouver des références sur les sujets qui nous intéressent, on dispose d’un bouton «search», en haut de l’écran d’administration.
             
Ce moteur propose exactement les mêmes fonctionnalités que celles évoquées précédemment, à la différence près qu’il recherche dans le contenu des autres utilisateurs et non plus dans ses propres références.
             
La page de résultats est divisée en plusieurs rubriques : d’une part les utilisateurs répondant aux critères de la recherche, deuxièmement les groupes intéressés par cette thématique et pour finir les articles qui contiennent les termes de la requête. Un flux RSS est disponible en haut de la page, afin de recevoir à l’avenir les nouveaux résultats.
            
En cliquant sur le nom d’un utilisateur, on accède à sa bibliothèque publique.
             
En dessous de chaque référence, on dispose d’un bouton «copy» permettant de l’intégrer à sa propre bibliothèque.
             
Si le type de contenu partagé par cet utilisateur est proche des thématiques qui nous intéressent, on peut alors choisir de surveiller tous ses nouveaux ajouts, soit en cliquant sur le flux RSS, soit en cliquant sur «watch», ces deux options étant disponibles en haut de la page.
            
La fonction Watch permet en fait de s’abonner au contenu ajouté par un ou plusieurs utilisateurs ou par un groupe ; on retrouve alors l’ensemble des résultats dans la rubrique «watchlist» de l’onglet MyCiteUlike.
             
Enfin, on peut identifier des groupes sur des thématiques qui nous intéressent et les rejoindre pour y poster du contenu, ou bien tout simplement s’abonner au flux RSS du groupe ou encore l’ajouter à sa watchlist.
             
Par de nombreux aspects, CiteUlike est très proche de Diigo, même si l’interface fait un peu plus datée : possibilités de stockage privé ou public, abonnement possible aux bookmarks d’un utilisateur, création et partage au sein de groupes, etc.
              
Si Diigo propose davantage de fonctionnalités et apparaît comme beaucoup plus agréable à utiliser dans un contexte généraliste, CiteUlike remporte la mise pour ce qui est de la gestion de références bibliographiques dans un contexte scientifique : la communauté des utilisateurs du monde scientifique mieux représentée, l’ajout semi-automatisé des références bibliographiques, la possibilité de charger une pièce jointe (comme le texte intégral) et les fonctionnalités d’export lui confèrent en effet de multiples avantages.


Carole Tisserand-Barthole

Publié dans le n° 284 de Bases (Juillet-août 2011)

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