Google lance son eBookstore aux Etats-Unis

On entendait parler depuis plusieurs mois du projet “Google Edition”, la librairie en ligne promise par Google et dont le lancement était annoncé dans six pays – dont la France – pour le milieu de l’année 2010. 

C’est finalement aux Etats-Unis et en décembre – quelques semaines avant Noël... – que la librairie a vu le jour, sous le nom de Google eBooks.

Cette plateforme de vente de livres électroniques permet aux internautes d’acheter des ouvrages directement depuis l’eBookstore de Google, ou via l’un des libraires indépendants partenaires.

La stratégie de Google est donc bien différente de celle de ses concurrents directs – Amazon et Apple en particulier –, puisque le moteur compte s’appuyer sur le réseau des libraires indépendants. Le service a d’ailleurs été bien accueilli par l’Alliance américaine des libraires indépendants .

L’atout de ce service est que les ouvrages achetés sur Google eBooks peuvent être lus sur à peu près tous les matériels (ordinateurs, tablettes, smartphones...), à l’exception notable du Kindle d’Amazon...

Grâce au “cloud computing”, les ouvrages achetés sont stockés dans la “ebibliothèque” du lecteur et peuvent également être lus depuis le nouveau web reader de Google, en utilisant son compte Google ; les livres achetés sont par conséquent consultables depuis n’importe quel matériel connecté. Le service permet par ailleurs de choisir la police de caractère, sa taille, l’espacement entre les lignes, ou encore de reprendre la lecture depuis un autre appareil.

Google eBooks devrait être disponible en France au cours du premier trimestre 2011.

Côté offre, la librairie s’appuie bien sûr sur les ouvrages numérisés par Google livres et contiendrait environ trois millions de livres – sur les quinze millions proposés par Google livres –, dont plus de 200000 sont mis en vente, suite à des accords avec 4 000 éditeurs. A ce jour, la majorité des titres offerts est donc constituée d’œuvres tombées dans le domaine public et en accès gratuit.

Les éditeurs quant à eux recevront jusqu’à 52% du prix de vente des ouvrages ; les royalties sont moindres lorsque le livre est acheté via un libraire partenaire. 

Si Google entend ainsi être présent dans le domaine du livre électronique – selon Forrester, les ventes de livres électroniques devraient tripler aux Etats-Unis d’ici 2015 –, tous les problèmes ne sont pas réglés, loin s’en faut.

Plusieurs difficultés restent en effet à résoudre, la plus importante étant celle de la distribution des œuvres “orphelines” – dont les ayants droits ne sont pas identifiés –, qui représentent une part importante de l’offre de Google livres et qui ne figurent pas pour l’instant au catalogue de l’eBookstore. 

En France, après une levée de boucliers quasi-générale des éditeurs et une plainte déposée en 2009 notamment par le Syndicat national de l’édition, pour la numérisation sans autorisation de livres, certains grands éditeurs revoient leur position. Hachette a ainsi conclu un accord avec Google et lui a confié le soin de numériser son catalogue de livres épuisés (plus de 50 000 ouvrages).


Publié dans le n°88 de Netsources (septembre/octobre 2010)

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