ReportLinker.com, pour accéder aux études gratuites ou payantes

ReportLinker, société lyonnaise à rayonnement international, a progressivement mis en place  un moteur de recherche «vertical» sur le Web, dédié aux informations concernant les marchés, les industries, les sociétés et les pays.

A la base, il y a deux systèmes aux philosophies différentes, mais qui sont aujourd’hui réunis dans la même interface.

Le premier, qui a été lancé en 2001 par la société Ubiquick sous le nom de Plusdetudes.com, consiste à être distributeur d’études payantes éditées par plus de 400 sociétés, dont certaines bien connues – comme DataMonitor, EuroMonitor ou Freedonia –, et d’autres plus discrètes, telles que YoleDeveloppement, spécialiste des semi-conducteurs.
   

Les références de ces études sont accessibles gratuitement sur le site de ReportLinker.com, avec la possibilité de les commander en ligne.

ReportLinker se rémunère ici par une commission versée par l’éditeur.
   
Mais c’est un marché sur lequel il y a de la concurrence ; on citera en particulier MarketResearch.com – qui offre aussi une recherche gratuite – ou encore Profound (racheté par MarketResearch.com, mais qui demande des frais fixes assez élevés) ou Dialog, sans parler des sites d’éditeurs.
   
Le deuxième système est quant à lui plus original et a été lancé en 2008. Il consiste à crawler 200 000 sources sur le Web (ministères, ambassades, syndicats professionnels…, dans le monde entier) et à ne retenir que les documents en libre accès dans lesquels figurent des éléments de marchés, ou concernant une industrie ou un pays.
   
3 000 segments de marché ont été définis et 100 000 descripteurs sont utilisés par un moteur de recherche sémantique.
  
Les titres des rapports sont réécrits pour être suffisamment explicites, s’ils ne sont pas assez clairs, et les dates sont précisées lorsque cela est nécessaire.
   
On trouve également une partie «news», toujours liée à un marché, une industrie ou une technologie ; elles sont issues d’un partenariat avec Acquire Media, dont seule la partie du flux correspondant aux thématiques couvertes par ReportLinker est retenue.
   
La recherche dans ReportLinker est gratuite, mais il faut être abonné pour visualiser les études gratuites. On peut en revanche acheter les études payantes sans être abonné.
   
Le coût de l’abonnement pour une personne est de 55 € pour un jour, 77 € pour un mois et 770 € pour un an. Pour un département de 2 à 5 personnes, le coût annuel est de 3 950  €.
   
Sur l’écran d’accueil, une zone de saisie permet d’entrer un ou plusieurs mots. On trouve alors une page de résultats en plusieurs parties :
   
- une première partie donne les titres des documents publics, qu’il est possible de charger gratuitement avec un titre et la date de publication.
   
La première référence est proposée en format titre+kwic – qui permet de visualiser le terme de recherche dans son contexte –, puis suivent six titres et la possibilité d’en visualiser d’autres (leur nombre approximatif total est affiché en haut à droite de la page). En passant par le «more reports to download», on peut tous les voir en format titre+KWIC (Key Word In Context).
   
Il suffit de cliquer sur un titre pour voir apparaître la première page du rapport et un bouton «Download now», qui établit un lien vers le site où se trouve le document et permet de le télécharger.
  
- Sur la gauche, on trouve la possibilité de limiter les résultats par différents critères : industrie, pays, date, région et type de données, tels que «industry data».
La fréquence des différents termes proposés provient de l’analyse des réponses.
   
- Ensuite se trouvent les «business news», présentées selon le même principe que les «publics reports».
   
- Suivent enfin les «premium reports» présentés toujours de la même façon, mais avec l’indication du prix.
   
Pour chaque étude, on peut visualiser résumé et table des matières et l’acheter par différents moyens classiques.
  
Le site propose aussi une recherche avancée (tous les mots, la phrase exacte, trois mots séparés par l’opérateur OR, aucun des mots, limitation au titre). On peut également sélectionner par date (avec une limite de trois années en arrière), par type de rapports (gratuit/premium et country reports/ industry reports/ company reports) et, enfin, classer les résultats par date ou par pertinence. On peut aussi préciser si on se limite à une industrie et/ou à un pays.
   
Une autre possibilité consiste à rechercher parmi 50 000 rapports centrés sur un pays, de l’Afghanistan au Zimbabwe.
   
Pour chaque pays, on a le choix entre les statistiques et les rapports.
   
Si l’on clique sur les statistiques, on obtient une série de données avec la date, un historique et un panorama de l’économie. Sont ensuite proposés des rapports sur le pays provenant notamment d’Economist Intelligence Unit et de Dun & Bradstreet.
   
Si l’on clique sur «reports», on se voit proposer une série de rapports, cette fois les rapports payants en premier et les gratuits en suivant.
   
De façon analogue, on peut accéder à 450 000 profils d’entreprises, avec des rapports payants et d’autres gratuits, présentant toute une série d’informations : financières bien sûr,  rapports annuels, informations marketing (parts de marché, nouveaux contrats…).
   
Selon les sociétés, quelques centaines ou quelques milliers de rapports sont disponibles.
   
Vu le volume d’information traité de façon automatique, on touche parfois aux limites de l’exercice avec une thèse dont seule la première partie est présente ou un article sur le chauffage dans le secteur résidentiel en Suisse et d’autres articles dans d’autres domaines, indexés comme des rapports concernant la société Elsevier, alors qu’Elsevier n’est que l’éditeur de la revue dans laquelle a été publié l’article – Elsevier prenant un soin très particulier à être très visible –. On trouve le même problème dans les news, mais les documents étant gratuits, cela n’est pas catastrophique.
   
Dernières possibilités de recherche enfin, la possibilité d’aborder la recherche par «Industry reports» ; cet onglet ouvre sur une série de  sous-onglets permettant de définir une industrie avec un certain niveau de précision, tel que produits agricole, technologies liées à l’énergie, fabrication de verre et céramique, etc.
   
On trouve en général une synthèse, suivie des informations «habituelles».
  
ReportLinker connaît une très forte croissance, puisqu’il a été classé 445ème du classement 2011 des entreprises en plus forte croissance dans la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), établi par Deloitte Technology.
   
Il faut dire que ReportLinker a un marketing agressif et plutôt efficace.
   
Ainsi, ReportLinker a réussi à intégrer les sources de Factiva : le document étant le résumé de l’étude avec un lien vers ReportLinker. Il y a ainsi plus de 310 000 documents de cette nature, ce qui est une belle performance.
   
On notera que ces références remontent à 2008, alors que sur le site de ReportLinker, l’antériorité dans la recherche est limitée à trois ans.
   
Mais ces documents vont être déchargés, dans la mesure où ce ne sont pas vraiment des articles, de même d’ailleurs que les documents de Eur-Lex (documents juridiques européens) ou de Fedbizopps (appels d’offres américains), qui viennent parfois parasiter les résultats d’une recherche et à propos desquels Factiva s’interroge.
   
Il restera quand même près de 23 000 références à des articles ou communiqués de presse concernant ReportLinker en général, mais le plus souvent la mise à disposition d’un rapport.
   
Cette présence chez les différents agrégateurs est impressionnante, puisqu’on trouve dans LexisNexis, toutes dates et toutes langues confondues, près de 20 000 documents dont plus de la moitié issus de PR Newswire. Dans EDD, une recherche sur ReportLinker donne plus de 10 500 réponses, 6 500 venant de PR Newswire et 4 000 de Business Wire. Quant à Europresse, on y trouve près de 7 000 communiqués de PR Newswire.
   
Voici donc un produit original qui donne pour les rapports gratuits des résultats sensiblement différents de ceux obtenus par un moteur de recherche classique.
   
C’est un beau succès puisque, outre son fort taux de croissance, ReportLinker compte 3 555 abonnés – dont beaucoup à l’international – et affiche 4 millions d’euros de chiffre d’affaires.

POUR EN SAVOIR PLUS :
www.reportlinker.com



François Libmann
Publié dans le n° 287 de Bases (Novembre 2011)

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