Construire sa veille en musique classique

Etre chargé des acquisitions en CD et DVD de musique classique peut avoir de quoi intimider. Choix des œuvres, des interprétations, variété des styles, des époques,

des effectifs : le domaine est particulièrement complexe pour qui en est peu familier...


Sans prétendre à l’exhaustivité, je partagerai dans cet article quelques outils pouvant aider les discothécaires responsables du rayon classique.

Avec l’espoir que, au-delà de la problématique du classique, les outils et les méthodes évoqués puissent être transposés à d’autres genres musicaux.


Afin que ces pistes soient aussi universelles que possible, je n’évoquerai pas les fonctionnalités de veille proposées sur les sites des fournisseurs de bibliothèques (GAM Annecy, CVS, CD-Mail…).


SUIVRE L’ACTUALITE DISCOGRAPHIQUE


L’agrégateur de flux RSS est le meilleur ami de l’acquéreur qui veut suivre l’actualité discographique : les sites de vente en ligne sont les premières ressources à utiliser (voir les fils RSS de Qobuz (http://goo.gl/9yd7t), ou de la Fnac (http://goo.gl/J8ZKl)). L’installation d’un plugin LibX, dûment paramétré, dans son navigateur Firefox, permet de vérifier en un clic les titres d’un musicien déjà présent dans le catalogue de la bibliothèque.


La veille sur les labels, au risque d’être redondante, peut avoir son utilité en cas d’acquisitions spécialisées dans un domaine précis (production locale, etc.). Voir, à titre d’exemple, les fils RSS de Naïve Records (//goo.gl/zwkVo) ou d’Abeille musique (//goo.gl/HorSM).


En complément, si vous êtes utilisateur de LastFm et que vous «scrobblez» depuis suffisamment longtemps, la rubrique «Nouvelles parutions recommandées» peut attirer votre attention sur certains disques récents.


Autre utilisation intéressante des médias sociaux : l’abonnement au compte de certains critiques de disques sur Spotify.


Dans le domaine du classique, ils sont encore rares (je pense notamment à Alex Ross, le critique du New-Yorker, http://goo.gl/rfJAc), mais l’usage commence à se répandre pour la pop (sélections de RollingStones (//goo.gl/TUIzC), du Guardian (//goo.gl/473rQ).


L’avantage est, pour l’acquéreur pressé, d’avoir une première sélection des “must have” parus récemment, et de pouvoir les écouter aussitôt.


ECOUTER


L’une des spécificités du discothécaire est qu’il a tout intérêt à associer autant que possible sa veille sur les nouveautés avec des sites d’écoute. La pratique révèle que les sites de streaming les plus riches dans le domaine du classique sont MusicMe (les nouveautés, //goo.gl/CXRPa) et Spotify.


Cela est d’ailleurs confirmé par l’étude comparative méthodique réalisée par certains collègues discothécaires (http://goo.gl/jULdJ).


Ce sont aussi les sites de streaming les moins mal indexés (toujours le point faible des offres de streaming, pour la musique classique, //goo.gl/EWUsg). Spotify ne permet pas de restreindre les nouveautés par genre.


A défaut, on peut toujours établir des passerelles entre les pages de nouveautés vues plus haut (fils rss, sites marchands…) et son site d’écoute en streaming, par exemple avec ce plugin Firefox qui ajoute la recherche sur Spotify dans le menu contextuel du navigateur (//goo.gl/4yoDG).


Le média social Soundcloud permet également d’effectuer une veille sur certains labels (Deutsche Grammophon, //goo.gl/u7563).


Les outils d’écoute en ligne sont avant tout une formidable source de découverte, car la musique classique est, par excellence, le domaine où l’on découvre sans cesse des choses qui ne relèvent pas de l’actualité (mais après tout, la curiosité est la qualité première d’un bon acquéreur, quel que soit son domaine).


Introduisez la sérendipité dans votre pratique d’écoute par l’abonnement à des chaînes Youtube spécialisées (//goo.gl/XmWdB), l’écoute de webradios (//goo.gl/sj2fk) (des logiciels permettent même l’enregistrement voire la programmation), et bien sûr les réseaux sociaux (exemple d’une liste d’utilisateurs à suivre sur Twitter, //goo.gl/GwDeD).


Le sujet de l’écoute en ligne pour la musique classique est vaste et mérite un traitement en soi (//goo.gl/h1YS9).


LIRE LES CRIQUES


On pensera ici à consulter :


• les magazines papier et leurs versions en ligne : Diapason (//goo.gl/ux2mI), Classica (//goo.gl/zBpjQ) (qui propose également des chroniques de jazz), Télérama…


• les sites internet spécialisés : ResMusica (//goo.gl/JXAX3), ClassiqueNews (//goo.gl/WM6xD), ClassiqueInfo (//goo.gl/ 6pg7W), AltaMusica (//goo.gl/ObYZ), Crescendo (//goo.gl/kxCTB), etc.


• les blogs : dans le domaine francophone, on trouve plusieurs blogs consacrés aux spectacles et aux concerts (parisiens, essentiellement).?En revanche, les blogs exclusivement consacrés aux parutions discographiques en musique classique sont plutôt rares ; on en trouvera une sélection au milieu de la page http://goo.gl/wN3e9 ;


• les podcasts d’émissions sur les parutions
: Changez de disque (//goo.gl/9KpiJ) sur France musique, Le Journal du classique (//goo.gl/tSh7G) sur Radio classique (inscription sur le site nécessaire mais gratuite) ;


• enfin, le moteur de recherche de chroniques musicales réalisé par Nicolas Blondeau est à mentionner (//goo.gl/iYEcW), même s’il est surtout utile pour les autres genres musicaux.


SELECTIONNER/VERIFIER LES REFERENCES


Identifier les œuvres majeures d’un compositeur : il n’y a pas ici de solution unique, mais il faut croiser plusieurs sources :


• les livres que l’on doit conserver sur son étagère : le vieux Dictionnaire de la musique de Roland de Candé, les 1001 oeuvres classiques qu’il faut avoir écoutées dans sa vie (Flammarion), et dans le domaine de la musique du XXème siècle, le Jean-Noël von Der Weid et le récent The rest is noise d’Alex Ross.


• en ligne, même le très riche Allmusic.com propose, dans le domaine anglophone, un classement des «Highlights» de l’œuvre de chaque compositeur, sur des critères parfois curieux. On peut aussi trouver dans les «best of» très subjectifs de certains blogueurs (//goo.gl/43iJO) matière à enrichir son fonds.


Dans le domaine de la musique contemporaine, les notices de la base BRAHMS de l’Ircam (onglet Parcours thématique, //goo.gl/edlUf) sont souvent d’une aide précieuse pour se repérer dans l’œuvre d’un compositeur.


Pour sélectionner une ou plusieurs interprétations d’une œuvre, il est encore bon de croiser différentes sources : les dossiers de Diapason proposent une discothèque idéale (subjective) par compositeur (hélas non disponible en ligne). Les monographies de l’ancienne collection «Microcosme Solfèges», rééditée en partie par le Seuil, comportent un cahier discographique dans les dernières pages.


Pour comparer les interprétations d’une œuvre, il y a aussi quelques bonnes ressources en ligne (//goo.gl/ygGRl), malgré un catalogue encore limité.


Il est aussi utile de consulter les écoutes en aveugle de Classica-Qobuz (//goo.gl/n40yN) (flux rss : //goo.gl/xrf5U), et d’écouter les anciens podcasts (//goo.gl/2yu8Y).


Dans le même registre, quelques émissions de radio peuvent guider au coup par coup : Le jardin des critiques sur France musique, par exemple (//goo.gl/Q70XZ).


En cas de doute, il reste enfin les forums (//goo.gl/eSKc0), et bien sûr la possibilité, grâce aux outils de streaming comme Spotify ou MusicMe, de faire soi-même aisément des écoutes comparées.


L’AUTEUR


Titulaire d’un master de lettres modernes et d’un diplôme de composition au Conservatoire national de région de Bordeaux, Christophe Robert est actuellement conservateur responsable de la politique documentaire aux bibliothèques municipales de Rouen, après avoir été enseignant.


Il est l’auteur de plusieurs articles parus dans BBF, et anime le blog Lirographe (//goo.gl/eT4yH) qui couvre, depuis octobre 2009, le monde des bibliothèques et la politique documentaire.


L’article «Construire sa veille en musique classique» a été publié initialement sur Lirographe, le 18 janvier 2012. Le propre de la veille étant d’évoluer au gré de la vie des sites et de l’évolution des outils, cet article a donc une durée de vie limitée. Les commentaires postés sur le blog à la fin de l’article sont là pour ceux qui souhaiteraient l’actualiser ou signaler leurs propres astuces et ressources (//goo.gl/GiJhK).




Christophe Robert

Publié dans le n° 96 de Netsources (Janvier-Février 2012)

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