Delphes créé Delphes+


Delphes fait partie des banques de données bibliographiques classiques proposant des références avec indexation ; elle est née en 1988 de la fusion des banques de données Isis et Grappe, lesquelles existaient déjà depuis plusieurs années.
            
Produite par un réseau de chambres de commerce et d’industrie – celles de Paris et de Lorient en particulier, avec quelques autres partenaires –, elle vit à un moment donné son usage diminuer, notamment à cause de la montée en puissance des banques de données en texte intégral, qui permettent d’obtenir l’article sans délai. L’efficacité du service de fourniture de documents primaires piloté par la CCIP n’empêcha pas ce déclin.
            
Dans le même temps, un éditeur intenta un procès à Delphes – concernant justement le service de fourniture de documents primaires –, dans le but de créer une jurisprudence sur des arguties très juridiques. Malgré la bonne foi de la chambre de commerce, ce procès fut finalement perdu par la CCIP,  le choix d’un avocat non spécialisé sur le sujet n’ayant certainement pas eu un effet positif.
            
Cette péripétie finit de convaincre les élus de la CCIP – qui n’avaient pas d’attachement particulier à l’information électronique – d’abandonner Delphes, ce qui fut fait à la fin 2006.
             
Delphes, sa production comme sa commercialisation, furent reprises par la société grenobloise Indexpresse, qui diffusait déjà Delphes sur cédérom depuis 1995 et sur Internet depuis 2001, sur une base forfaitaire annuelle. Plusieurs co-producteurs, surtout des chambres de commerce, ont continué un temps d’être co-producteurs.    
                             
Depuis début 2010, seule l’ESC de Rouen continue à produire 350 notices par an.
            
Depuis le rachat par Indexpresse, Delphes était restée une banque de données bibliographique, la fourniture des documents primaires étant assurée – en général avec un petit délai – comme auparavant.
             
UN SERVICE PRESQUE AUSSI VIEUX QUE LES BANQUES DE DONNÉES       
            
Le système de fourniture de documents primaires par l’envoi de copies papier dans un délai de quelques jours est presque aussi vieux que les banques de données bibliographiques.
            
Il y a plusieurs dizaines d’années, à côté des grands fournisseurs comme l’Inist, la British Library ou TIB en Allemagne qui avaient leurs propres collections, nombre de petites sociétés se sont créées, notamment aux Etats-Unis.
             
Beaucoup étaient situées à proximité des bibliothèques des grandes universités, dans lesquelles elles allaient faire les photocopies qu’elles envoyaient par courrier ou par fax en cas d’urgence ; mais globalement, ce service n’était pas toujours très rapide et connaissait des aléas.
           
L’étude Eusidic/Eurolug réalisée en 1995 sur la fourniture des documents primaires, présentée dans Bases n° 113 (janvier 1996), a confirmé cette médiocre qualité de service.
             
Parmi les chiffres que l’on peut retenir de cette étude, on notera en effet que sur un échantillon de 5 525 commandes de documents auprès de …800 organismes, seuls 80,7 % des documents ont été livrés et ce, dans un délai moyen de 6,6 jours ± 3,7 jours.
             
Les petites sociétés œuvrant à côté des grandes universités ont pour la plupart disparu et l’accès aux documents primaires se fait aujourd’hui de trois façons :
              
• par l’accès direct à l’article sous forme électronique, sur le site de l’éditeur.
            
Cela peut être entièrement gratuit (open access), en libre accès pour les abonnés ou en paiement à l’acte par carte de crédit pour les non abonnés.
             
De grands éditeurs (Elsevier, Springer…) ont monté leur propre plateforme – en l’occurrence ScienceDirect et Springerlink – et proposent d’acheter immédiatement en ligne les articles sélectionnés. Un avantage accessoire est que la recherche et la visualisation de l’abstract sont gratuites, mais les possibilités de recherche sont limitées.
            
Ce système est en général plus cher que celui des grands fournisseurs qui détiennent très souvent les articles, mais présente l’avantage de fournir immédiatement le document ;
             
• les grands fournisseurs détenant des collections importantes existent toujours et basculent de plus en plus vers la fourniture de documents électronique dans des délais en général brefs ;
            
• l’article peut aussi être disponible de façon immédiate et payante sur le site d’un agrégateur.
            
A l’initiative de Delphes, certains des serveurs qui l’hébergeaient ont eu l’idée, en 2003,  de relier la référence au document sous forme électronique, sur le site de l’éditeur (Bases n°192, mars 2003). Mais, sans doute parce qu’il était trop tôt, le système ne fonctionnait que pour un nombre très limité de sources.
             
Aujourd’hui avec Delphes+, Indexpresse a pour objectif d’améliorer significativement son service de fourniture de documents primaires, en offrant un accès immédiat ou très rapide à une grande majorité des documents référencés dans Delphes.
             
Plus précisément, 10 000 articles – soit 12% des notices depuis 2006 – sont disponibles d’un clic. Ils sont issus soit de la base d’articles en PDF négociés avec les éditeurs, soit de liens profonds sur les sites des éditeurs.
            
La majorité – soit 70 000 (82 %) – est disponible par fax dans les deux heures. 
 
Ils sont fournis à partir du fonds d’articles papier détenus par Indexpresse. 
 
Les 5 000 restants – soit 6 % – peuvent être commandés mais ni le délai, ni la fourniture elle-même ne sont garantis, bien qu’il soit rare que l’article ne soit pas fourni.
             
Delphes+ est, en fait, une offre commerciale complémentaire à l’accès à Delphes.
 
Son coût est de 1 750 € HT pour un forfait de 600 articles (affichés à l’écran ou reçus en format papier). Ce forfait est valable deux ans.
             
Ceci est une première offre commerciale et on ne peut exclure que des offres complémentaires soient proposées.
             
Les dirigeants d’Indexpresse font une remarque intéressante : les utilisateurs de Delphes pouvant visualiser sans limite les abstracts, puisque les abonnements sont valables pour une durée déterminée sans coût au document, ils commandent rarement un grand nombre de documents.
            
En effet, ils ont souvent pu faire une sélection efficace.
             
A l’inverse, les utilisateurs d’agrégateurs d’articles de presse en texte intégral ont tendance à commander/ visualiser plus de documents, pas toujours pertinents, parce que la visualisation de l’extrait seul est moins efficace que l’abstract pour juger de la pertinence du document.
             
On ajoutera que Delphes n’indexe plus de quotidiens ni d’agences de presse, ce qui peut également avoir un impact.

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