Factiva : l'agrégateur nouvelle génération

Factiva est né de la fusion de Dow Jones Interactive, un serveur américain plutôt classique et de Reuters Business Brefing, au contenu intéressant mais à l’interface simpliste.

QUELQUES MOTS D’HISTOIRE...

La décision de créer ce nouveau produit fut annoncée le 18 mai 1999, mais la mise en place se fit par étapes, étalées sur un temps assez long.

Le produit Factiva Publisher, destiné à alimenter les intranets, fut en fait lancé le premier en juillet 2000. Et il fallut attendre un an de plus pour que Factiva.com soit mis à disposition, en tant qu’agrégateur classique, mais sur abonnement annuel forfaitaire uniquement.

Ce n’est finalement qu’en février 2003 qu’est apparue la formule «pay as you go», qui ne donne cependant pas tout à fait les mêmes possibilités, tant en terme de contenu que d’assistance.

Fin 2006, Dow Jones acheta les 50 % que Reuters détenait dans Factiva et en devint donc le seul propriétaire ; il entra en 2007 dans le giron de News Corp de Rupert Mundoch.

ASTUCES DE RECHERCHE

Factiva fait partie d’une nouvelle génération d’agrégateurs, qui a visé dès le départ deux clientèles différentes avec la même interface.

On peut, en effet, effectuer des recherches aussi simples que celles qu’un utilisateur final peut faire sur Google, mais on peut aussi élaborer des requêtes beaucoup plus complexes, en reliant les termes par une large palette d’opérateurs de proximité, en utilisant les champs, en demandant qu’un terme figure au moins n fois dans l’article et, enfin, en utilisant l’indexation (Factiva Intelligent Indexing) pour les entreprises, les sujets, les pays, les sources.

La recherche avancée propose, d’un simple clic, de faire apparaître une analyse statistique des résultats d’une requête, en affichant les occurrences des items dans différentes catégories : sujet («nouveaux produits»...), sources, date avec graphique, sociétés, industries («produits pharmaceutiques»...), régions, directeurs, ainsi que des mots clés qui sont des termes extraits des textes.

On peut alors, en cliquant sur un terme, limiter la recherche aux documents contenant l’un de ces termes ou de ces codes.

La recherche avancée propose également d’entrer une stratégie plus ou moins complexe et, en complément, de choisir des termes d’indexation grâce au thésaurus, composé de plusieurs sous-thésaurus : sources (pays d’origine et au dernier rang, titre de chacune des publications du pays), société, sujet, industrie, région, langue.

On peut alors «descendre» plus ou moins loin dans l’arborescence du thésaurus, ou effectuer une recherche par mot dans l’ensemble de l’arborescence, pour trouver les concepts pertinents à intégrer à sa stratégie.

En revanche, on ne peut pas combiner les étapes de recherche, alors que cette possibilité était offerte sur Dow Jones Interactive, l’un des ancêtres de Factiva.

Cela n’empêche pas de concevoir des stratégies très complexes, comme on a pu le découvrir par exemple dans Les meilleures stratégies de recherche (Bases n°285, septembre 2011). Il est possible par ailleurs de pondérer les sources, ce qui évidemment n’est utile que si l’on affiche les documents par pertinence décroissante et non par date.

Autre possibilité disponible : l’exploration de concepts, qui permet d’élargir le vocabulaire. La fonction Explorateur de concepts permet en effet de double-cliquer sur n’importe quel mot de la zone de saisie pour obtenir une «liste de mots au sens identique» ; les résultats ne sont pas toujours tout à fait identiques, mais les termes suggérés sont néanmoins utiles pour élargir une stratégie de recherche.

On peut d’autre part paramétrer Factiva pour avoir à la connexion une série d’informations, qui peuvent être composées d’alertes, provenir d’une sélection de titres, ou être préformatées par Factiva.

Le serveur propose cinq types de résultats issus de publications – de loin le volume le plus important de façon générale –, de sites web, de blogs, de photos et de  documents multimédia.

Pour les publications, il offre en option la possibilité d’éliminer les doublons, avec deux niveaux de paramétrage : identique ou similaire.

On dispose de quatre formats d’affichage à l’écran : texte complet avec ou sans indexation, mots-clés en contexte ou titre, premier paragraphe et indexation.

La découverte de cette indexation peut permettre d’enrichir ou de préciser la stratégie de recherche initiale.

Factiva propose aujourd’hui des interfaces en 9 langues et du contenu en 26 langues, dont quelques-unes en caractères non-latins. Mais tous les documents utilisent la même indexation, quelle que soit la langue.

On peut alors, par exemple, rechercher en écrivant un nom de grande marque  – habituellement repris en caractères latins dans des documents chinois ou russes par exemple – et la croiser avec des termes de l’indexation choisis dans sa langue de travail.

Un outil de traduction dérivé de Google Translate est désormais disponible et  permet de traduire un document dans l’une des 26 langues vers l’une des 52 langues disponibles dans Google Translate. Les traductions ne sont pas stockées, mais se font à la volée.

A partir de Factiva, Dow Jones a réalisé une série de produits verticaux à destination de différentes catégories de clientèles, avec des contenus et des fonctionnalités spécifiques.

A titre d’exemple, Dow Jones Sanction Alert est un flux optimisé pour les nouvelles réglementations sur les paiements internationaux.

Bien entendu, Factiva offre des applications pour mobiles.

On retiendra que Factiva reste toujours très actif, tant dans l’innovation de son produit phare que dans la diversification des clientèles, en leur offrant des produits très personnalisés.




François Libmann
Publié dans le n° 290 de Bases (Février 2012)

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