LexisNexis : un serveur international avec des offres verticales

LexisNexis est, avec Dialog, l’un des très rares pionniers à toujours exister, même si de multiples évolutions et changements de propriétaires ont jalonné son histoire.

QUELQUES MOTS D’HISTOIRE...

Tout a commencé dans les années 60 dans une société nommée Data Corporation, qui avait développé un moteur de recherche baptisé Central ! Ce dernier était utilisé par l’armée de l’air américaine pour … gérer ses appels d’offres et ses stocks.

Cette technique intéressa l’association des avocats de l’Ohio qui l’acquit pour créer une banque de données interrogeable en texte intégral des «Ohio Statutes».

Ce service, baptisé OBAR – Ohio Bar Automated Research – est l’ancêtre du LexisNexis que nous connaissons aujourd’hui.

En 1968, Data Corporation fut rachetée par la société Mead – alors spécialiste du papier et du bois –  dans une optique de diversification, pour prendre en compte le développement de l’électronique ; ce n’est qu’en 1973 que Mead en fit un service commercial, qu’elle baptisa Lexis.

En France, Télé Consulte – filiale de Hachette – développa une offre assez large de droit français en texte intégral, et choisit Mead comme hébergeur ; ce choix ne fut pas sans soulever des réactions politiquement négatives. Télé Consulte devint, dans le même temps, le distributeur en France de l’ensemble de l’offre de MDC (Mead Data Corporation).

En 1979, la partie presse baptisée Nexis fut lancée avec six sources (largement plus de 10 000 aujourd’hui).

Par la suite, en 1994, MDC vendit LexisNexis à l’anglo-néerlandais Reed Elsevier, lequel acheta en 2000 le serveur britannique FT Profile du Financial Times et intégra son contenu dans LexisNexis.

POINTS FORTS DE L’OFFRE

Une interface radicalement nouvelle et plus dans l’air du temps que la précédente – qui n’était pourtant pas désagréable à utiliser – fut lancée en 2005. Mais le moteur derrière l’interface resta le même.

Cette interface française – et le contrat qui va avec – donne accès à la presse française et internationale, à une série d’annuaires biographiques – un des points forts de ce serveur –, à des études et à des informations sur des pays.

Le contrat en revanche ne donne pas accès au droit français – qui est commercialisé séparément sous la marque JurisClasseur –, ni au droit anglo-saxon, pas plus qu’aux brevets et aux informations scientifiques et techniques.

ASTUCES DE RECHERCHE

On dispose d’une recherche simple classique et d’une recherche avancée, qui permet d’utiliser les différents opérateurs disponibles dans le moteur, sans qu’il soit possible malheureusement de combiner des étapes.

Le moteur effectue la recherche en prenant en compte automatiquement les formes pluriel/singulier des mots et les termes similaires ; ainsi, une requête avec «payement» retrouvera «paiement», et réciproque-ment.

L’élimination des doublons est proposée avec deux options : similarité moyenne ou similarité élevée.

On signalera également une fonction originale, qui est la possibilité d’exiger que la première lettre ou le mot en entier soient en lettres capitales, ce qui est bien pratique pour certaines recherches, comme Total ou Orange, exemples classiques.

Il est possible d’utiliser une indexation composée de quatre sous-index : sujets, secteurs d’activité, pays/ régions et sociétés.

On regrettera que le système traite de façon particulière les questions générant plus de 3 000 réponses, ce qui interdit comme démarche de démarrer sa requête avec un terme large, pour affiner la question dans un deuxième temps.

On regrettera également qu’il soit impossible de sélectionner les publications d’un pays ; la sélection peut certes se faire par langue, mais ce critère est très insuffisant lorsqu’il s’agit de l’anglais ou de l’allemand, voire même du français, puisqu’on trouve de la presse suisse si l’on sélectionne «Presse Nationale France» .

Au final, LexisNexis est un serveur agrégateur avec des offres verticales très différenciées, puisqu’il propose aussi TotalPatent (voir p.15) et de nombreuses bases sur le droit américain et anglosaxon de façon plus générale, dont nous ne parlerons pas ici.



François Libmann
Publié dans le n° 290 de Bases (Février 2012)

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