London Lives : chronique des gens ordinaires

Depuis le 28 juin, le site London Lives met gratuitement à disposition des internautes une multitude de documents historiques du 18e siècle concernant Londres.
             
Plus de 240 000 manuscrits et documents provenant de huit institutions différentes, ainsi que de nombreuses données issues de 15 autres projets de numérisation, composent cette bibliothèque numérique. 
 
Ces archives contiennent plus de 3,35 millions de noms de personnes ayant vécu durant cette période. London Lives se focalise en effet sur la vie des individus au 18e siècle, et plus particulièrement sur la vie des “Plebeian Londoners”, c'est-à-dire les londoniens ordinaires. Crimes, délits en tous genres, pauvreté et politique sociale sont donc à l’honneur.
             
Le projet  a été financé par l’Economic and Social Research Council et réalisé par les universités de Sheffield et Hertfordshire.
            
Lorsque le volume le rendait possible, l’intégralité des archives de chaque institution a été numérisée. Pour les autres cas, seuls les documents les plus représentatifs ont intégré le projet.
            
Afin de constituer un corpus d’archives exclusivement centré sur le peuple londonien et non l’élite au 18e siècle, l’accent a été mis sur les données judiciaires, les données relatives à l’aide aux plus démunis, et les données liées à la santé.
 
Les archives de prisons ou de tribunaux (noms des criminels exécutés, liste de prisonniers, liste de morts suspectes…),  les archives de paroisses ou associations de charité et celles de certains hôpitaux (registre d’admission par exemple) ont ainsi été numérisées dans le cadre du projet.
            
A cela viennent s’ajouter des données (registres de taxes, archives électorales, testaments, assurances, répertoires urbains…) issues de 15 autres projets de numérisation déjà existants.
            
Depuis la page d’accueil, on peut choisir la rubrique Search, Browse Documents ou Lives.
            
- La rubrique Search comporte 4 moteurs de recherche :
            
• le premier est dédié à la recherche d’une personne en particulier. Il suffit d’entrer un nom et un prénom, de limiter éventuellement à un type de document et de choisir un intervalle de date ;
            
• le second offre une recherche par mot-clé. Celle-ci s’effectue alors sur l’ensemble du site. Les opérateurs booléens sont disponibles, mais l’opérateur par défaut est le OR. Pour le AND, il faut indiquer un + devant chaque mot (+woman +pickpocket par exemple pour rechercher les 2 mots) ; le NOT est matérialisé par le symbole -. La troncature en fin de mot (*) peut également être utilisée.  Comme précédemment, on peut limiter la recherche par type de document et par date ;
            
• le troisième moteur permet simplement de rechercher un document précis, si l’on connaît déjà son identifiant ;
            
• le dernier propose d’effectuer une recherche parmi les ensembles de données créés par les utilisateurs de London Lives. Chaque internaute en effet peut, après avoir créé un compte, participer au projet en regroupant les différentes archives faisant référence à une même personne, ce qui permet de constituer ce que l’on pourrait appeler des petites biographies collaboratives.
            
- La rubrique Browse propose de naviguer parmi les archives disponibles. Pour chaque document, les internautes accèdent à la version numérisée, mais également à une version retranscrite du texte.
            
- Pour finir, la rubrique Lives propose 65 biographies, réalisées à partir de données collectées dans le cadre du projet. On pourra ainsi consulter, par exemple, la biographie – plutôt bien détaillée – d’une illustre inconnue nommée Charlotte Walker, née en 1754 à Liverpool et morte en 1806 en Australie, qui a passé une partie de sa vie à Londres. A la fois prostituée et voleuse, elle a été arrêtée pas moins de 27 fois et emprisonnée 8 fois. Condamnée à mort en 1799 suite à un nouveau délit, sa peine fut commuée en exil vers l’Australie. En 1806, elle y mourut officiellement d’“apoplexie”, même si la Sydney Gazette rapporte des rumeurs selon lesquelles son mari ne serait peut-être pas étranger à sa mort.
            
London Lives est donc une véritable mine d’informations pour les historiens et les passionnés d’histoire. En rassemblant et en mettant à disposition en un même lieu des archives issues de différentes institutions, London Lives permet de reconstituer et d’imaginer la vie du peuple londonien au 18e siècle.
            
INFORMATIONS
            
www.londonlives.org

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