STN International : un serveur d'information scientifique orienté chimie

STN International est un serveur «classique» offrant plus de 150 bases de données essentiel-lement bibliographiques dans les domaines de la chimie, des matériaux et du biomédical. Mais on y trouve aussi la possibilité de faire des recherches structurales et sur des séquences.

QUELQUES MOTS D’HISTOIRE...

Ce serveur propose plus précisément des bases de données bibliogra-phiques, structurales et factuelles (propriétés physico-chimique, toxicologiques), des répertoires (de fournisseurs de produits chimiques) et des bases en texte intégral (essentiellement de brevets).
            
Lancé en 1984 comme joint-venture entre l’américain Chemical Abstracts et l’allemand FIZ Karlsruhe, STN eut à partir de 1986 et pour quelques années un troisième partenaire japonais, qui n’est plus aujourd’hui que le représentant de STN au Japon. FIZ Karlsruhe quant à lui avait en 1978 déjà lancé le serveur Inka, qui fut intégré dans STN.
             
L’originalité de STN est qu’il est en fait constitué de deux serveurs – il y en avait trois lorsque les Japonais étaient partenaires – ; le premier est basé à Colombus (Ohio) où se trouve Chemical Abstracts et l’autre est situé en Allemagne à Karlsruhe, où est basé FIZ. 

Les banques de données sont réparties entre les deux serveurs, mais tout cela est transparent pour les utilisateurs.
            
ASTUCES DE RECHERCHE
            
Le logiciel Messenger est un des logiciels de recherche les plus puissants pour les banques de données bibliographiques, et permet de combiner un très grand nombre d’étapes. Un de ses points forts est qu’il offre la possibilité de basculer une recherche d’une ou plusieurs bases vers d’autres bases, en conservant la stratégie.

On apprécie aussi les options de pluriels automatiques, prise en compte des orthographes anglaise et américaine, prise en compte des abréviations, ainsi que la possibilité de mettre en mémoire une stratégie de recherche et ses résultats, pour la retrouver plus tard... Le seul petit reproche que l’on peut faire est l’impossibilité de modifier facilement une stratégie enregistrée. On dispose, bien entendu, de tout ce qui est classique en termes de troncatures et d’opérateurs de proximité.

POINTS FORTS DE L’OFFRE

Sur le plan du contenu, STN est le seul serveur à disposer des résumés de la banque de données Chemical Abstracts, le producteur de celle-ci ayant obstinément refusé de les fournir aux autres serveurs, ne leur transmettant que les titres et indexation.

Cette «inclination» pour la chimie se traduit aussi par la présence des RN (Registry Number attribués aux produits chimique) dans la base spécifique baptisée Registry, qui donnent nombre d’informations pour chaque RN et dans un grand nombre de bases sur le serveur.

Les brevets sont aussi l’un des points forts de STN, avec une belle collection de banques de données brevets et la présence dans Chemical Abstracts de nombreuses références de brevets dans le domaine de la chimie.

Signalons que les informations présentes dans cette base de données remontent à la fin du 19ème siècle !

Dans le domaine des brevets, STN a innové en proposant notamment une recherche sur un grand nombre de valeurs numériques (précises ou dans un intervalle) présentes dans les textes.

Cette possibilité est pour le moment offerte sur trois bases, mais elle est amenée à s’étendre à d’autres bases brevet.

STN propose aussi, dans Chemical Abstracts et Medline, des liens entre les références citées dans un article et l’article cité, s’il se trouve dans l’une de ces deux bases.

STN a développé plusieurs logiciels, gratuits pour les utilisateurs. Certains sont utilisés pour l’interface, comme STN Express pour la connexion et l’édition des résultats ; mais on peut aussi se connecter à STN on the Web et à l’interface STN Easy Web, utilisables sans formation. D’autres logiciels servent à la visualisation (STN Viewer) et à l’analyse des résultats (Anavist). Une autre interface baptisée SciFinder est également disponible pour les chimistes, qui peuvent l’utiliser sans formation spécifique.

Le serveur prépare une nouvelle plateforme qui verra le jour progressivement en 2012.

Si STN n’est pas la seule source pour la chimie, on peut considérer que ce serveur est quasi-incontournable.



François Libmann
Publié dans le n° 290 de Bases (Février 2012)

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