Mention : nouvel outil d'alertes médias

Mention est un nouveau venu sur le marché des outils d’alertes sur le Web et les réseaux sociaux.

Ses fondateurs, en revanche, ne sont pas nouveaux dans cet univers, puisque l’on compte parmi eux Thibaud Elzière, le fondateur de Fotolia (le site de vente d’images) et Edouard de la Jonquière, ex-CEO de Pressking (un service de diffusion de communiqués de presse en ligne).

Avant toute chose, la création d’un compte est obligatoire pour pouvoir télécharger cet outil, qui peut ensuite être installé sur Windows, Mac ou Linux, mais qui dispose également d’une interface web et d’une extension Chrome.

Le principe de Mention est simple : l’utilisateur peut créer des alertes par mot-clé et l’outil scanne ensuite le Web (blogs, Facebook, forums, actualités...) en temps réel, afin de détecter d’éventuelles occurrences.

Il s’agit en quelque sorte d’un «Google Alertes» amélioré et plus convivial, agrémenté de quelques fonctionnalités collaboratives.

En terme de tarifs, Mention fonctionne sur un modèle freemium : on dispose d’une version de base gratuite qui comprend 1000 mentions (c’est-à-dire 1000 alertes, ce qui n’est déjà pas si mal) et de plusieurs abonnements payants, allant de 9,99 $ par mois pour 5 000 mentions à 199,99 $ par mois pour 100 000 mentions (autant dire qu’à ce stade, il faudrait une ou plusieurs personnes à plein temps pour dépouiller les résultats de la veille !).

Dans le cadre de la rédaction de cet article, nous avons testé l’outil sur l’interface web et l’application Windows.

Ces deux interfaces sont strictement identiques mais l’interface Windows a l’avantage de pouvoir continuer à fonctionner en arrière-plan et de faire apparaître une fenêtre pop-up à la moindre alerte.

L’interface se décompose assez classiquement en trois colonnes :
  • une première colonne sur la gauche permet de choisir les éléments à afficher : (alertes, les favoris, la corbeille, les tâches et les utilisateurs) ;
  • les éléments choisis peuvent ensuite être visualisés dans la colonne centrale (liste des dernières mentions…) ;
  •  quant à celle de droite, elle correspond à un écran de visualisation web.
METTRE EN PLACE UNE ALERTE

Pour mettre en place une alerte, on cliquera sur le + en haut à gauche de l’interface, puis on entrera le nom de l’alerte, le mot-clé principal (il peut s’agir d’un mot ou d’une expression exacte) et éventuellement d’autres mots-clés – qui seront tous séparés entre eux par un OR –, ainsi que des termes à exclure.

On pourra ensuite sélectionner les langues de la recherche (une quarantaine de langues sont disponibles) et les sources (Web, Facebook, Twitter, News, Blogs, Vidéos, Forums, Images).

Il est également possible de bloquer certaines URLs, celles qui génèrent du bruit par exemple.

L’outil nous propose ensuite d’activer la technologie « Anti-Bruit », qui est censée supprimer automatiquement les éléments similaires à ceux que nous avons exclus manuellement.

Malheureusement, il n’y aucune information supplémentaire sur le fonctionnement de ce filtre.

Une fois l’alerte validée, l’outil effectue un premier crawl pour récupérer les informations répondant à ces critères. Notons que les informations issues de ce premier crawl ne sont pas comptabilisées dans le quota d’alertes disponible chaque mois.

Dans la colonne de gauche, on peut choisir de visualiser toutes les mentions ou bien les informations par type de sources (Twitter, News, Facebook, Web…).

A côté de chaque alerte, on dispose d’une indication sur le nombre d’éléments non lus : pour indiquer que les éléments ont bien été lus, on pourra cliquer sur le petit rond bleu disponible à côté de chaque éléments ou bien cliquer sur la flèche bleue en haut de la colonne centrale, puis sur «Mark all as read».

Dans la colonne centrale, on a la possibilité d’ajouter des éléments à ses favoris (en cliquant sur l’étoile à côté de chaque mention) ou bien de supprimer certains éléments non pertinents (la technologie anti-bruit se basera d’ailleurs sur ces éléments supprimés).

En cliquant sur un élément, on peut alors le visualiser sur le Web dans la colonne de droite avec mention de la source, de la date et de l’URL.

UTILISER LES FONCTIONNALITES COLLABORATIVES


On peut partager chaque mention sur Twitter, Facebook ou par mail en cliquant sur la flèche bleue, en haut à droite de la colonne de droite.

Mais on a également la possibilité d’aller plus loin dans le partage et la collaboration en assignant des tâches à ses collaborateurs.

On commencera d’abord par ajouter ses collaborateurs à l’outil en cliquant sur «Users» dans la colonne de gauche, puis sur «Add User» dans la partie centrale.

On pourra ensuite assigner une tâche en cliquant sur une mention, puis sur la croix en haut à droite de la colonne de droite.

S’ouvre alors une fenêtre pop-up qui permet de choisir la personne à qui est adressée l’action, l’action à accomplir (à lire, à commenter, répondre ou à partager) et d’entrer un message ou un commentaire à destination de ce collaborateur.

Comparativement à un service comme Google Alertes, Mention est beaucoup plus convivial, intègre les résultats de Twitter et de Facebook, permet de visualiser les éléments par type de sources et de conserver certaines informations dans ses favoris.

Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler des outils comme Sindup (Netsources n°80) et Alerti (Netsources n°87).

Pour ce qui est de la technologie anti-bruit, le principe est alléchant mais il est impossible de se faire une opinion à son sujet sans en connaître le fonctionnement précis.

Là où l’outil pêche véritablement, c’est au niveau des critères de recherche : le fait de ne pouvoir entrer que des termes séparés par un OR exclut de fait la possibilité de pouvoir affiner sa recherche. Sur des sujets très pointus, le ou les termes recherchés peuvent générer un volume d’information raisonnable, mais le risque est grand de crouler sous le poids des alertes.

Et même si l’outil permet de recevoir un grand volume d’informations (c’est même sur ce point que se base visiblement son modèle économique), ce n’est pas forcément le résultat attendu par tous les professionnels de l’information.

De ce fait, l’outil est pour le moment mieux adapté pour des personnes chargées de e-réputation que de veille thématique.

http://web.mention.net


Carole Tisserand-Barthole
Publié dans le n° 97 de Netsources (Mars-Avril 2012)

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