TotalPatent établit des liens avec Scopus

Le groupe Elsevier dispose de quantité de contenus, notamment dans les domaines scientifiques et techniques, littérature autant que brevets. Afin de les valoriser au mieux, Elsevier cherche à établir des liens entre ces différents contenus.  C’est, depuis peu, le cas entre TotalPatent et Scopus.   TotalPatent propose des données de cent offices de brevets. Pour trente d’entre eux, on dispose du texte intégral du brevet, ce qui représente 44 millions de documents, dont 33 millions en anglais ; le reste est constitué de 44 millions de références bibliographiques, dont les trois quart en anglais. Pour 27 offices, des citations liées aux brevets sont disponibles en plus ou moins grand nombre (plus de deux millions pour les brevets européens mais deux seulement pour l’Italie).   L’idée est donc que pour les citations non brevet (souvent des articles), un lien vers Scopus – qui contient 40 millions de références de littérature dans tous les domaines – permette de visualiser l’abstract de cet article.  Cela est possible même si l’on n’est pas abonné à Scopus. ; souvent, un lien “view at publisher” offre en effet de visualiser l’article en payant par carte de crédit – pour les non-abonnés –, sachant que quelques articles sont disponibles gratuitement.     Si l’on est abonné à Scopus, on peut en plus visualiser la liste des articles qui citent celui qui était cité dans le brevet et remonter ainsi la chaîne des citations dans la littérature.     Le principe de cette nouveauté est excellent ; malheureusement, plusieurs limites restreignent, au moins aujourd’hui, l’intérêt pratique de cette nouvelle fonctionnalité.    La première est que TotalPatent n’a pas les citations pour tous les brevets, même si l’on peut supposer que de nouvelles citations seront prochainement disponibles.  La deuxième est que les citations de brevets sont beaucoup plus fréquentes que les citations de littérature non brevet, et la troisième que si la couverture de Scopus est très large, cet agrégateur n’offre néanmoins pas toute la littérature scientifique. Il ne contient pas, par exemple, les rapports techniques publiés par certaines entreprises et souvent cités, sachant qu’ils ne sont pas nécessairement faciles à localiser.   Paradoxalement, on remarquera que certaines citations de la partie “non brevets” sont issues de ... Patent Abstracts of Japan, considéré alors comme une publication.   Malheureusement, le système ne l’interprète pas comme une citation brevet avec un lien.   De même, il arrive de trouver des adresses de pages web et là encore, le système ne reconnaît pas l’adresse. Peut-être ces possibilités seront-elles activées dans une prochaine version. Ce serait dans la logique de ce service.   TotalPatent offre aussi, pour les brevets américains, les liens vers d’autres types de documents, comme ceux offerts par le service Courtlink qui permet d’avoir accès au calendrier des procédures (docket) et des documents d’un litige liés au brevet.   En tout état de cause, la politique d’Elsevier est de développer les liens entre ses différents contenus, ce qui est tout à fait intéressant.       DANS CHEMICAL ABSTRACTS AUSSI                   Une possibilité analogue existe déjà, lancée en 2000 dans Chemical Abstracts sur STN.                  On sait, en effet, que Chemical Abstracts couvre les brevets issus de 61 offices, pour peu qu’ils concernent le domaine de la chimie (certaines classes de brevets sont couvertes de façon exhaustive et d’autres de façon sélective).                     Tant pour les brevets que pour la littérature, les références citées dans le brevet ou l’article original figurent à la fin de ces références bibliographiques, qu’il s’agisse de références de brevets ou de littérature et ce, depuis les références chargées en 1997.                     Pour les références de littérature figurant dans Chemical Abstracts (en priorité) ou dans Medline, un lien renvoie directement sur la référence citée. Pour les références de brevets en revanche, si le numéro figure, aucun lien n’est activé alors que STN possède une riche collection de bases de brevets. Par contre, dans la référence elle-même, s’il s’agit d’un brevet, un lien depuis chaque élément de la famille est disponible vers une base brevets.                     On notera en conclusion que si le chaînage de citations dans un sens ou dans l’autre est relativement fréquent en “littérature pure” – c’est le cas depuis longtemps dans… Scopus –, c’est, à notre connaissance, la première fois que des liens sont établis dans une base purement brevet, ce qui n’est pas le cas de Chemical Abstracts, entre une citation non brevet d’un brevet et l’article cité. François Libmann
Publié dans le n°276 de Bases (Novembre 2010)

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