Avec udini, Proquest decouvre l'existence d'un nouveau marché


Proquest était surtout connu comme étant l’un des principaux fournisseurs d’articles – issus d’un très grand nombre de publications – et de thèses, essentiellement auprès des universités américaines.

Comme Ebsco ou Gale, «part of Cengage Learning», Proquest proposait essentiellement des abonnements annuels à ses clients ; c’était quasiment dans les «gènes» de cet agrégateur.

Il se trouve que Proquest a été racheté fin 2006 par Cambridge Scientific Abstracts (CSA), qui a préféré utiliser la marque Proquest pour le nouvel ensemble.

Or, Cambridge Scientific Abstracts, qui vendait aux universités ou à d’autres entités ses dizaines de banques de données de type scientifique et technique sur la base d’un forfait annuel, les vendait aussi pour la plupart d’entre elles via STN et Dialog (avec une éclipse pour ce dernier serveur). Cela était une façon de les vendre en «pay as you go», les frais d’abonnement à ces deux serveurs étant modiques, pour STN surtout.

Par ailleurs, CSA avait lancé au début des années 2000 la formule Search Abstracts, qui permettait, pour la somme de 39$ payés par carte de crédit, d’avoir accès pour 36 h à de petits bouquets thématiques de bases.

Au regard des coûts de marketing et de commercialisation, cette formule a finalement été abandonnée, faute de clientèle suffisante ; mais là encore, il y avait un intérêt pour un type de clientèle hors des universités abonnées.
    
On sait par ailleurs que Proquest a racheté en juillet 2007 Dialog et DataStar, ce qui lui a permis de découvrir d’encore plus près l’existence d’une autre clientèle qui, majoritairement, n’était pas particulièrement attachée  à une facturation forfaitaire.

On peut penser que tous ces éléments ont conduit au lancement de Udini.

Ce service permet d’accéder sans abonnement à 177,5 millions d’articles et de thèses  – 62,5 millions si l’on exclut la presse locale et régionale –, le tout issu de plus de 1 200 publications, plus de 4 000 publications universitaires, plus de 2 000 sources d’actualités et plus de 4 500 rapports et magazines professionnels.

A titre d’exemple, ont été rajoutés récemment le contenu de Nature, celui du Washington Post et les thèses de Proquest.

C’est donc un contenu de grande valeur qui est maintenant accessible en pay as you go.

Cela pêche, malheureu-sement, du côté de la recherche, limitée à une boîte dans laquelle il nous a semblé – faute d’indications – que les opérateurs AND et OR fonctionnaient, de même que les guillemets.

Par ailleurs, la recherche se fait automatiquement sur les formes singulier/pluriel des mots.

Quant à la recherche avancée, si elle permet de définir la période de publication, elle se limite pour le reste à une recherche par auteur, titre, ou nom de la publication.

Une fois les termes de la requête saisis, les premiers résultats s’affichent par pertinence décroissante, que l’on peut modifier pour l’ordre chronologique ou ante-chronologique.

On peut aussi, d’un clic, préciser la période de publication : derniers mois, dernier trimestre, dernière année ou cinq dernières années.

Il est possible également de limiter à un ou plusieurs types de contenu : revues scientifiques, revues commerciales, thèses... ainsi qu’à un ou plusieurs domaines, parmi une vingtaine – médecine, économie, engineering, écologie, soins infirmiers  –, ce qui est une façon au moins partielle de préciser la recherche...

Pour avoir une idée du positionnement de Udini par rapport à des produits de même nature, c’est à dire d’un fichier unique regroupant l’ensemble des sources, nous avons fait des comparaisons avec Factiva et la partie presse de LexisNexis, sachant que LexisNexis procède aussi par abonnement annuel et n’a plus de formule de pay as you go.

Comme on le sait, tant Factiva que LexisNexis ont des interfaces de recherche relativement sophistiquées, même si l’on ne peut pas combiner les étapes – ce qui est également impossible avec Udini –.

Nous avons donc choisi des requêtes simples.

Nous avons pensé un moment comparer aussi avec Dialog, mais les informations sont organisées par banques de données, ce qui est une philosophie différente et rend les comparaisons plus difficiles. On notera simplement que Dialog offre depuis longtemps le fichier des thèses de Proquest.

Notre première recherche portait sur l’expression «probiotic milk», de janvier 2011 à janvier 2012.

On trouve 17 résultats dans Udini, dont une thèse qui n’est ni dans Factiva, ni dans LexisNexis.

Pour les 16 autres résultats, 6 se retrouvent à la fois dans Factiva et LexisNexis, 3 uniquement dans Factiva, 1 uniquement dans LexisNexis, et 6 dans aucun des deux, tandis qu’on en trouve 25 dans LexisNexis et 28 dans Factiva.

Notre deuxième recherche portait sur «pet bottle», en janvier 2012.

Sur les 18 réponses, on trouvait là aussi une thèse qui n’était, comme pour la requête précédente, ni sur LexisNexis, ni sur Factiva.

Sur les 17 autres, 10 se retrouvaient dans LexisNexis et Factiva, 5 dans LexisNexis uniquement, 1 dans Factiva uniquement et 1 dans aucun des deux.

En revanche, après élimination des doublons, on trouve 569 réponses dans LexisNexis et 210 dans Factiva.

Si l’on considère donc les sources en anglais, cela illustre clairement que les trois services proposés n’ont pas strictement la même couverture, que chacun a des publications qui ne sont pas chez les autres, et que les domaines sont plus ou moins bien couverts selon les cas.

On remarquera que pour ces deux exemples, Udini offre moins de réponses que LexisNexis et Factiva.

On signalera, pour conclure, que tous les documents présents ne sont pas en anglais. On trouve en effet des documents en français – pas seulement d’origine québécoise – et en allemand.

http://udini.proquest.com


François Libmann
Publié dans le n° 293 de Bases (Mai 2012)



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