MuMa : le moteur musical par Exalead

Accessible depuis peu, MuMa (pour Musique Mashup – Mashup désignant une application dont le contenu provient d’un assemblage de plusieurs sources) est un des moteurs de recherche en développement chez Exalead.

Muma est le fruit d’un partenariat entre l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique), Télécom Paris Tech et Yacast, tous membres du programme Quaero, un programme fédérateur de recherche et d'innovation industrielle sur les technologies d'analyse automatique, de classification et d'utilisation de documents multimédias et multilingues.

Chacun des partenaires a développé des outils d’analyse de données musicales et Exalead s’est ensuite chargé d’intégrer ces différents outils dans le moteur final, qui s’appuie sur sa plateforme d’indexation Cloudview.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est tout à fait réussi, même s’il n’est pas exempt de quelques bugs (ce qui n’a rien de très surprenant pour un moteur en version bêta) ; l’outil dispose de fonctionnalités de recherche intéressantes et originales et sa prise en main est simple et intuitive.

On accède au moteur à l’adresse http://muma.labs.exalead.com.

La recherche s’effectue dans la colonne de gauche, soit par mot-clé sur le nom des artistes, des titres des albums ou des morceaux – le AND est l’opérateur par défaut, mais on peut utiliser le OR, le tiret du NOT et les guillemets pour l’expression exacte –, soit par accord, par genre (12 sont disponibles dont Pop, Métal, Instrumental…), par humeur (12 humeurs peuvent être choisies, dont Sad, Romantic, Happy ou, plus surprenant, Grandiloquent ou Sophisticated) ou encore par intervalle de dates (de 1950 à 2011).

La recherche par accord est pour le moins originale, même si elle nécessite d’avoir quelques notions de solfège : on dispose d’une portée musicale sur laquelle il n’y a plus qu’à inscrire les accords.

Les différents critères (mot-clé, accord, humeur, genre ou dates) peuvent être combinés entre eux.

La liste de résultats s’affiche dans l’écran central avec, en premier lieu, la liste des artistes répondant aux critères (sous forme d’une frise indiquant le nom de l’artiste, surmonté d’une image), puis la liste des albums (encore une fois sous forme de frise agrémentée de l’image de la pochette) et, pour finir, la liste des morceaux.

Pour cette dernière rubrique, l’internaute dispose du titre du morceau, de l’album et du nom de l’artiste et a la possibilité d’écouter un extrait audio (pas disponible pour tous les titres).

En cliquant sur la petite flèche à droite de chaque morceau, on accède à des informations complémentaires variables d’un titre à l’autre : durée, auteur(s), paroles, découpage musical du morceau (Intro, Chorus, Verse, Outro…), etc.

Lorsque l’on choisit un artiste, on a la possibilité d’accéder à de multiples informations le concernant, en cliquant sur l’imposante flèche à droite de l’écran.

Plusieurs modules (assez proches des modules de Netvibes en termes de design) prennent alors place au centre de l’écran. Ils sont déplaçables et leur nombre varie d’un artiste à l’autre.

Au minimum, on dispose d’un module Biographie, qui reprend les éléments importants de la vie et de la carrière de l’artiste, agrémenté de quelques images (données issues de Last.fm), d’un module « Tweets » qui se met à jour en temps réel dès qu’une personne cite l’artiste sur le réseau social, « News » qui liste par ordre antechronologique des articles de presse en ligne citant l’artiste et, pour finir, d’un module « Similar », qui affiche une liste d’artistes aux sonorités proches (classés par pourcentage de similarité), ce qui peut être très utile pour découvrir de nouveaux artistes.

Plus rarement, on peut également accéder aux modules suivants : «Broadcasted songs since Yesterday» pour connaître les morceaux joués dernièrement sur les radios françaises (on dispose alors du nom de la radio et du morceau joué) et «Concerts», qui propose une carte des prochains concerts.

Au final, même si l’outil n’est pas encore parfait (le catalogue est encore loin d’être exhaustif et on peut rencontrer quelques bugs au niveau de la visualisation notamment), le résultat est très prometteur.

 
 
Carole Tisserand-Barthole
Publié dans le n° 99 de Netsources (Juillet-Août 2012)

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