Bringr et Mention : du nouveau pour les outils de veille

Les outils de surveillance spécialisés sur les médias sociaux se développent depuis déjà plusieurs années. Nous nous étions fait l’écho il y a quelques mois du lancement de Mention (Netsources n°97), un outil bon marché mais néanmoins assez performant. En ce mois d’octobre, il vient tout juste de lancer une nouvelle version qui va au-delà du simple relooking et offre de nouvelles fonctionnalités.

D’autre part, on a pu voir apparaître au printemps dernier un nouvel entrant sur le marché français des outils de veille baptisé Bringr, qui propose également des fonctionnalités intéressantes.
BRINGR.NET: UN OUTIL QUI A DU POTENTIEL

Bringr a été développé à Nantes par Simon Robic et François-Guillaume Ribreau et a été lancé en version bêta en juin dernier. L’outil permet de surveiller des discussions et mentions en temps réel en créant de nombreux filtres, afin de limiter ainsi au maximum le volume d’informations non pertinentes.

A ce jour, Bringr permet de surveiller Twitter, Facebook, Instagram, Digg et Wordpress, mais l’outil a vocation à s’élargir à d’autres sources, comme Pinterest, Google+, Tumblr, Reddit, YouTube, Flickr, Vimeo et 500px. La possibilité pour l’internaute d’ajouter ses propres sources spécifiques est même envisagée.

Sur le papier, Bringr est un outil qui semble répondre parfaitement aux exigences des professionnels de l’information en matière de veille sur les réseaux sociaux, grâce à un large choix de sources et la possibilité de créer des requêtes élaborées.

Dans la réalité, l’outil doit encore considérablement s’améliorer pour tendre vers la perfection, mais ceci est tout à fait compréhensible et normal pour un outil aussi jeune et toujours en version bêta.

Pour le moment, on peut demander la création d’un compte gratuit en cliquant sur le bouton «Beta Subscription» disponible sur la page d’accueil. Mais cela devrait changer dans les prochaines semaines avec le lancement de la version définitive.

Pour commencer à utiliser l’outil, il suffit de cliquer sur « nouveau filtre » en haut à gauche, puis de paramétrer ses critères de surveillance.

L’utilisateur choisit dans un premier temps s’il souhaite que son filtre réponde à « n’importe laquelle » ou « toutes les » règles suivantes. A ce stade, il est dommage de ne pas pouvoir construire une requête plus complexe ou les différents mots-clés puissent être séparés tantôt par des OR, tantôt par des AND ou par des NOT.

L’internaute peut ensuite créer un très grand nombre de règles, en indiquant si le titre, le contenu, la langue, le type de source, le login de l’auteur, le nom de l’auteur ou l’avatar de l’auteur doivent contenir – ou non – un mot-clé ou une chaîne de caractère. Il est également possible de limiter la recherche à un média en particulier (Twitter, Facebook, Instagram, Digg ou Wordpress), puis à un champ précis (hashtag, nombre de followers, nombre de retweets pour Twitter, titre du blog, URL du billet sur Wordpress, etc.).

Une fois le filtre créé, on voit apparaître dans la colonne de gauche un module où l’on peut voir défiler les résultats en temps réel et, dans l’écran central, un tableau de bord proposant de nombreuses statistiques : un graphique présente le nombre de messages en temps réel, le jour-même, depuis un mois ou depuis 1 an, une liste des utilisateurs les plus actifs, les plus populaires et les plus mentionnés (temps réel, le jour-même, depuis un mois ou depuis 1 an), la localisation des messages (pays, villes, langues), un nuage de tags, une analyse sentimentale avec le nombre de messages négatifs, neutres ou positifs, la répartition des résultats par source (en pourcentage) et le top des liens repris sur les médias sociaux.

On notera que tous ces modules statistiques ne fonctionnent pas encore (notamment la localisation par pays et villes, ainsi que les tops des liens) et l’on se permettra d’émettre quelques doutes sur l’analyse des sentiments ; le module ne fournit que le nombre de messages jugés positifs ou négatifs, sans pouvoir visualiser les dits résultats et évaluer leur pertinence. Ce qui n’est guère rassurant, eu égard à la fiabilité et à l’efficacité toutes relatives de la plupart des outils d’analyse de sentiments sur le marché…

MENTION.NET : DES NOUVEAUTES INTERESSANTES

De son côté, Mention vient tout juste de lancer une nouvelle version de son outil et quitte de fait la version bêta. Déjà disponible sur le Web ou en version téléchargeable sur PC, Mac et Linux, Mention est maintenant accessible sur iphone et Android.

L’interface reste assez proche de ce qu’elle était auparavant, mais les principaux changements résident dans de nouvelles fonctionnalités.

Premièrement, pour chaque alerte, on peut voir apparaître des résultats surmontés d’un drapeau rouge.

Cela permet de mettre en évidence des résultats provenant de sources ou personnes ayant une certaine influence (sites à forte audience, sites de presse, etc). Il est d’ailleurs possible de ne visualiser que ces résultats en cliquant sur l’onglet «Priority», en haut de la deuxième colonne.

Autre nouveauté et pas des moindres, Mention propose désormais un outil d’analyse des résultats. On y accède en cliquant en haut à gauche sur le petit graphique intitulé « Statistics ».

En haut de l’écran central, on peut sélectionner la ou les alertes à prendre en compte (on pourra comparer les nombres de résultats si on en choisit plusieurs), les sources, les langues et la période d’analyse. On voit alors apparaître un graphique avec le nombre de résultats par jour, semaine, mois ou trimestre et un camembert avec le pourcentage de résultats par sources ou langues.

Pour finir, l’offre tarifaire a également évolué avec trois abonnements possibles :

• le plan gratuit avec 3 alertes, 1 mois d’historique et 500 mentions par mois, mais pas d’accès au module d’analyse ;

• le plan pro à 15,90 € HT par mois, comprenant un nombre illimité d’alertes, 50 000 mentions par mois, l’historique illimité, l’accès au module de statistiques et d’export de données (au format PDF) ;

• le plan Team à 79 € HT par mois, qui correspond au plan pro mais multi-utilisateurs.

Cette nouvelle version présente indéniablement des avancées intéres-santes, mais on regrettera néanmoins que les fonctionnalités de recherche n’aient pas fait l’objet d’améliorations.

On rappellera en effet que pour chaque alerte, les mots-clés peuvent uniquement être séparés par un OR, ce qui exclut d’emblée la création de stratégies sophistiquées.

Au final, ces outils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients : Bringr permet d’effectuer des requêtes plus élaborées et propose un module de statistiques plus détaillé, mais il fait encore l’objet de bugs trop nombreux et, surtout, ne permet pas véritablement de visualiser les résultats en détail.

Il se focalise exclusivement sur les statistiques au détriment du contenu des résultats eux-mêmes, ce qui représente un manque majeur pour les professionnels de l’information.

Mention, quant à lui, fonctionne bien et est simple d’utilisation, offre un panel de sources et de supports plus large, permet de bien visualiser les résultats répondant aux critères, mais pêche toujours au niveau des possibilités de recherche.



Carole Tisserand-Barthole
Publié dans le n° 100 de Netsources (Septembre-Octobre 2012)

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