Actualité chargée pour Google

UNE VERSION SIMPLIFIEE DES PAGES DE RESULTATS

En septembre 2012, et pour la première fois depuis 2006, le nombre de requêtes effectuées sur un moteur de recherche a baissé de 4%. Selon le groupe Macquarie, cette baisse s’explique par le glissement des usages vers le mobile. Et cette tendance risque encore de s’accentuer puisque le cabinet estime que fin 2012, un tiers des recherches sur Internet sera effectué depuis un smartphone ou une tablette...

Pour mieux prendre en compte ces nouveaux usages, Google a décidé «d’unifier l’expérience utilisateur», et de proposer une même page de résultats à tous les internautes, que les recherches soient faites depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur.

Il a donc déployé fin novembre sur sa version française – après l’avoir fait début novembre sur sa version internationale – une nouvelle page de résultats, qui risque fort de dérouter plus d’un internaute.

Alors que les fonctionnalités étaient jusqu’ici proposées dans une colonne d’outils sur la gauche (lire «Tirer parti de la «colonne d’outils» de Google», Netsources n°95), les options s’affichent désormais très discrètement dans le haut de l’écran, via différents menus plutôt moins explicites et surtout moins visibles.

Lorsqu’on lance une recherche sur le moteur, on obtient en effet une page de résultats surmontée des choix Web (par défaut), Images, Maps, Shopping, Plus (avec un menu déroulant offrant d’autres options comme Vidéos, Actualités, Livres, Adresses, Blogs, Discussions, Applications et Brevets) et enfin Outils de recherche.

L'accent est donc mis davantage sur les différents «modules» de Google et fait quelque peu doublon avec la barre noire tout en haut de l’écran. Les diverses fonctionnalités de recherche – qui sont les options à notre avis les plus importantes – sont quant à elles rassemblées et accessibles à partir du choix Outils de recherche, offert en fin de liste. Il est nécessaire de cliquer sur ce bouton pour afficher une deuxième ligne d’options et accéder aux précieuses fonctionnalités...

Cette deuxième ligne d'options permet notamment de préciser :

• les pages que l'on souhaite interroger : «Web» (par défaut) ou, via un menu déroulant, les Pages en français, les pages hébergées en France ou les puissantes «Pages en langue étrangère traduites» (cf Netsources n°95) ;

• la date de publication de ces pages : «Date indifférente» par défaut ou, dans un menu déroulant, résultats publiés il y a moins d'une heure, moins de 24 heures, moins d'une semaine, moins d'un mois, moins d’un an, ou au cours d'une «période personnalisée» (lire à ce propos «Identifier la date de publication d’une page ou d’un site web», Netsources n°99) ;

• le type de résultats : «Tous les résultats» par défaut ou, via un menu déroulant, «Sites avec des images», «Recherches associées», «Dictionnaire» et «Mot à Mot» ;

• la localisation géographique est enfin détectée automatiquement et peut être modifiée.

Pour que sa page de résultats soit identique quel que soit le terminal utilisé, Google a donc procédé à des simplifications que regretteront tous les professionnels de l'information.

Si l’interface est relativement bien adaptée au petit écran d’un smartphone, et à une navigation de plus en plus souvent tactile, il y a fort à craindre qu’une majorité d’internautes ne prenne pas le temps d’explorer les multiples possibilités offertes, et ne découvre jamais des fonctions riches et puissantes, comme la date de publication des pages ou la recherche sur les pages en langue étrangère traduites (d’autant qu’elles sont accessibles via plusieurs clics).

Le risque est alors que Google décide un jour de les supprimer, comme il l’a fait en juillet 2011 pour la «Roue magique» (qui affichait les concepts proches d’une requête donnée), sous le prétexte que le service était peu utilisé et trop complexe à maintenir...

GOOGLE PATENTS : AMELIORATION DE LA RECHERCHE SUR LES BREVETS

Google a lancé fin 2006 le service Google Patents (www.google.fr/patents), qui utilisait au départ l’interface de Google Books et permettait d’interroger les versions numérisées de plus de sept millions de brevets déposés à l’USPTO (United States Patent and Trademark Office) depuis 1790.

Avec une interface claire et conviviale, ce service avait pour objectif de permettre à l’utilisateur final d’identifier aisément quelques brevets dans un domaine, et de les télécharger au format PDF.

Les tests que nous avions menés à l’époque (voir Netsources n°65) montraient néanmoins que pour des recherches exhaustives, ce service ne pouvait se substituer aux bases de données des Offices et des serveurs professionnels et qu’une même recherche sur Google Patents et sur le site de l’USPTO donnait systématique-ment des résultats bien inférieurs sur Google.

Si le service s’est étoffé au fil des ans (le huit millionnième brevet américain a été chargé en 2011), il a bénéficié en août 2012 d’un enrichissement notable, tant sur le plan de sa couverture que sur celui des fonctionnalités de recherche.

Dans le cadre d’un partenariat avec l’OEB (Office européen des brevets), l’outil a en effet intégré ses brevets européens, ce qui représente plus de 72 millions de documents relatifs aux brevets.

Ce partenariat fait suite à un accord de coopération à long terme signé en mars 2011, aux termes duquel l’OEB utilise le service de traduction de Google pour offrir peu à peu aux visiteurs de son site des traductions de brevets en 28 langues européennes, ainsi qu’en chinois, japonais, coréen et russe (lire «L’OEB et Google formalisent leur coopération», Bases n°280, http://goo.gl/5bX0J).

Cet enrichissement de la couverture s’est accompagné de nouvelles fonctionnalités de recherche, et notamment de l’outil «Prior Art Finder», permettant de rechercher l’art antérieur d’un brevet.

Pour chaque brevet identifié (qu’il soit issu de l’USPTO ou de l’OEB), on dispose désormais d’un bouton «Rechercher de l’art antérieur», qui identifie les phrases clés du texte du brevet, les combine en une requête et interroge simultanément Google Patents, Google Scholar, Google Livres et Google Web.

Depuis la page de résultats, on peut ensuite restreindre la sélection en choisissant un ou plusieurs mots-clés parmi ceux proposés, et en relançant la recherche sur l’un des modules.

Au final, ces enrichissements aideront sans nul doute les professionnels à analyser la valeur d’un brevet, mais ne pourront pour autant se substituer aux services d’un conseil en propriété industrielle...

Consultation d’un brevet européen sur Google Patents (www.google.fr/patents)



Béatrice Foenix-Riou
Publié dans le n° 100 de Netsources (Septembre-Octobre 2012)

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