De la prudence en matière de classification des brevets

Un récent bulletin du CFIB (Club francophone de l’information brevet) signalait l'outil IPCCat, qui assigne automatiquement des codes CIB à un texte scientifique.

Cet outil a été développé par l'ISI Group de l'University Center for Computer Science de l'université de Genève, dans le cadre du projet CLAIMS de l'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle).

Nous avons voulu tester rapidement cet outil, sans aller pour autant dans de fastidieuses comparaisons détaillées.

Nous nous sommes rappelé que la banque de données Inspec proposait depuis quelques années (voir Bases n°267, janvier 2010), en complément à celle déjà existante, une classification utilisant les termes de la CIB (Classification internationale des brevets) à différents niveaux.

Comme il s'agit là de l'indexation de textes scientifiques (non brevet), il nous a paru intéressant de comparer l'indexation proposée par Inspec et celle obtenue en utilisant l'abstract dans l'IPCCat.

Nous avons choisi au hasard neuf références d'Inspec et avons cherché quels codes de la CIB étaient attribués par l'IPCCat.

Le résultat est assez spectaculaire, en ce sens qu'aucun code ne correspond, sauf dans quelques cas, au niveau de la classe (par exemple H02 ou A01).

Quelque peu surpris, nous avons réitéré l'expérience avec Espacenet. Sans aller très loin, nous avons retrouvé le même type d'écart pour des brevets européens. Le seul cas où il y avait coïncidence était pour un brevet moldave ; il est vrai que IPCCat a été conçu pour être utilisé par les "petits" offices de brevets. Peut-être cela a-t-il été le cas.

Comme nous l'avons dit, nous n'avons pas approfondi la nature des différences. Nous avons juste remarqué dans un cas qu'un brevet européen concernant la diffusion du gaz d'un airbag était indexé très précisément, tandis que l'IPCCat avait sélectionné le concept d'accessoire de voiture.

Tout ceci montre, s'il en était besoin, que l'indexation – en particulier celle des brevets – n'est pas une science exacte et que s'il n'est pas question de s'en passer, cela ne peut constituer le seul critère de recherche si l'on veut être un tant soit peu complet.


François Libmann
Publié dans le n° 301 de Bases (Février2013)

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