Talkwalker : une plateforme de veille et un service d'alertes mail

Créée en avril 2009 par Thibaut Britz et Christophe Folschette, Trendiction est une startup luxembourgeoise spécialisée dans les technologies “Big Data” comme la collecte, l’agrégation et l’analyse de données, issues en particulier des sites sociaux.

Les technologies qu’elle a développées lui permettent d’indexer et d’analyser les contenus des sources, de les “nettoyer” (suppression des doublons, du spam...) et d’en extraire les informations pertinentes (date de publication, auteur, titre, contenu...) et les métadonnées (langue, pays, type de média...).

Les informations sont ensuite mises à disposition des clients (sociétés d’études de marché, agences RP et marketing, entreprises de veille...) sous une forme brute – de façon à être intégrées dans des processus d’entreprises existants (social CRM...) –, ou via Talkwalker, la plateforme de social media monitoring lancé début 2012.

Centrée dans un premier temps sur le marché germanophone, la plateforme de veille Talkwalker crawle et agrège aujourd’hui les contenus de 100 millions de sources en 187 langues, dans 247 pays, avec un accent particulier sur les sites d’actualité, les forums, les blogs, les réseaux sociaux (Facebook, Twitter...), les sites de revues de produits et les commentaires.

Surfant sur les rumeurs de prochain abandon par Google de son service d’alertes mail – après l’annonce de la fermeture de Google Reader –, la société vient par ailleurs de lancer le service Talkwalker Alerts, qui offre – gratuitement cette fois-ci – des possibilités similaires à celles de Google Alertes, mais avec davantage d’options.

Nous détaillerons dans cet article les deux produits de cette société, qui semble lancer depuis quelques mois une offensive énergique en direction du marché français...

TALKWALKER.COM : UNE PLATEFORME DE SOCIAL MEDIA MONITORING

Le premier produit, qui est encore jeune et s’enrichit régulièrement de nouvelles fonctionnalités, permet d’obtenir des tableaux de bord intuitifs sur les marques et les concurrents d’une industrie.

L’utilisation de Talkwalker passe par la création de “projets”, qui sont autant de veilles paramétrées sur les sujets de son choix.

LA MISE EN PLACE DES VEILLES

Pour mettre en place une veille, il faut cliquer sur l’onglet “Nouveau projet” puis indiquer, dans la page “Paramètres du projet” et depuis différents menus déroulants :

• le ou les médias que l’on souhaite surveiller : blogs, articles (newspapers, magazines, TV/Radio, communiqués de presse...), forums, Facebook, Twitter... ;

• le ou les pays, dans une liste de 247, de l’Afghanistan au Zimbabwe ;

• la ou les langues utilisées, parmi 187 langues, de l’abkhaze au zoulou.

Si l’on souhaite surveiller Twitter ou Facebook il faut, dans une deuxième étape, indiquer les coordonnées de son compte Twitter ou Facebook, et autoriser l’application Talkwalker à s’y connecter.

La troisième étape, Gestion des Thèmes, permet de paramétrer précisément sa veille, en définissant sa ou ses requêtes.

De façon pré-formatée, Talkwalker propose un formulaire type offrant la possibilité de surveiller une ou plusieurs marques et/ou concurrents.

On peut utiliser dans sa requête les opérateurs booléens AND, OR et?NOT et les parenthèses, ainsi que les guillemets et la troncature (symbole * pour troncature à droite, symbole ? pour remplacer un caractère). Le symbole tilde suivi d’un chiffre (~n) fait quant à lui office d’opérateur de proximité, quand le symbole + collé devant un mot force la recherche sur le mot tel qu’il est écrit (notamment lorsqu’il contient des caractères spéciaux, ex.: +“h&m”).

On peut enfin restreindre la requête à certains champs, comme le titre (title:mot), le contenu (content:mot), l’auteur (author:nom), la langue des articles (lang:fr), le pays d’origine des sources (sourcecountry:fr), etc.

En complément de la requête, le “projet” peut être complété par :

• la surveillance de pages web spécifiques, comprenant aussi bien des pages que des profils Twitter ou Facebook, des vidéos Youtube, des flux RSS, etc.

• un certain nombre de “filtres”, permettant d’affiner les résultats, en excluant par exemple ceux qui contiennent des mots-clés donnés.

UN TABLEAU DE BORD CONVIVIAL

Après l’enregistrement d’un projet, il faut attendre un moment pour que le système indexe le web, puis rapatrie et analyse les résultats.

Ceux-ci sont présentés dans un tableau de bord très convivial, proposant différents types d’analyses, accessibles depuis quatre onglets :

• l’onglet Résultats affiche tout d’abord la courbe du nombre de citations parues au cours de la dernière semaine (mais on peut aussi choisir d’afficher la courbe du jour, du mois...), puis la liste des résultats avec, pour chacun, le titre, un extrait pertinent, une éventuelle image issue de l’article et, le plus souvent, des indications sur la notoriété de l’article (nombre de pages vues, de partages sur les réseaux sociaux, de followers...).

On peut choisir d’afficher le document sur le site de l’éditeur (en cliquant sur le titre), ou de l’enregistrer dans un “storyboard”, et de lui ajouter des tags, une “note” (entre 0 et 3 étoiles), ou encore de le supprimer ou de l’envoyer par mail.

Les résultats sont classés par défaut par pertinence, mais il est possible de les trier par ordre chronologique, par “portée” (nombre de vues), par “engagement” (nombre de fois où l’article a été twitté) ou par “influence” (score sur 1000)...

On dispose d’autre part de différents mode de filtrage, fort utiles lorsque la requête a généré de nombreuses réponses. Il est ainsi possible, d’un clic, d’affiner la sélection selon des critères comme le type de source (journaux, magazines, agences de presse, communiqués...), la langue, le pays... ; mais on peut aussi saisir une requête dans le moteur en haut de l’écran – en utilisant les opérateurs booléens – et s’en servir comme filtre ;

• l’onglet Influenceurs affiche la liste des sources les plus influentes, classées par types : actus, blogs, forums, Twitter, Youtube... Pour chacune, on dispose d’informations comme le nombre d’articles pertinents publiés, la portée, l’engagement et l’influence ;

• l’onglet Thèmes propose, sous la forme d’un nuage de tags, les mots-clés qui reviennent le plus dans les articles.

En cliquant sur l’un d’eux, on affiche la liste des articles qui le concernent ;

• l’onglet Graphiques enfin illustre par des graphiques (courbes et camemberts), la répartition des résultats par sentiments (positif, négatif et neutre), type de médias, langues et pays.

En complément de ces fonctions d’analyse, Talkwalker offre la possibilité d’exporter les résultats sous plusieurs formats : flux RSS, fichier Excel, Word, PowerPoint ou CSV.

Au final, l’outil permet de mettre en place relativement simplement une veille sur les médias sociaux, et de disposer d’un certain nombre d’analyses, depuis une interface claire et agréable.

Il faut cependant garder en mémoire que la veille n’est en aucun cas exhaustive et qu’elle se fait sur les pages indexées par Talkwalker ; il est toutefois possible d’ajouter les sources de son choix.

La politique tarifaire est fonction de la volumétrie des résultats et du nombre de projets ; un premier package démarre à 199 euros par mois. Le service peut être testé gratuitement pendant 15 jours sur simple demande.

TALKWALKER.COM/FR/ALERTS : UN SERVICE D’ALERTES MAIL PAR MOT-CLES

Google a surpris tout le monde en mars dernier, avec l’annonce de la suppression prochaine de Google Reader.

Suite à cette annonce, on a vu paraître sur le Web plusieurs articles (Presse Citron, Search Engine Land...) faisant état de l’essoufflement de Google Alertes, et estimant que les risques étaient grands de voir disparaître prochainement ce service, qui existe depuis 2004.

Saisissant l’occasion au bond, la société Trendiction a lancé début avril un service – gratuit – qui utilise la technologie de crawling et le moteur de recherche de sa plateforme Talkwalker, et qui n’hésite pas à se présenter comme “la meilleure alternative à Google Alertes” (!).

Baptisé logiquement Talkwalker Alertes (www.talkwalker.com/fr/alerts), le service offre sur sa page d’accueil un formulaire qui est un clone presque parfait du service Google Alertes.

Plusieurs menus déroulants permettent en effet de choisir :

• la zone de surveillance : tout, actualités, blogs, forums ; on signalera que Google Alertes propose en complément la surveillance des vidéos et des livres ;

• la fréquence : immédiatement, une fois par jour ou une fois par semaine (idem Google Alertes) ;

• le volume : seulement les meilleurs résultats ou tous les résultats (idem Google Alertes).

On peut aussi préciser la langue des pages à surveiller (toutes les langues ou une langue à choisir dans une liste de 22), ce que ne propose pas Google Alertes.

La requête quant à elle peut être formulée en tirant parti de la syntaxe propre à la plateforme de veille ; on dispose donc de plus d’options que sur Google Alertes, puisqu’en complément des opérateurs booléens AND, OR et NOT, on peut utiliser ici les parenthèses, la troncature et l’opérateur de proximité (ces deux derniers ne pouvant être employés simultanément). Autant de fonctionnalités qui s’avèrent très utiles si l’on veut surveiller l’ensemble du Web et ne pas être noyé sous les résultats.

Il reste ensuite à indiquer l’adresse mail à laquelle on souhaite recevoir les alertes, et à confirmer la réception du mail généré à cette occasion, pour mettre en place l’alerte.

Un tableau de bord, similaire à celui de Google Alertes et accessible depuis l’onglet “Gérer”, offre la possibilité de modifier ses alertes et/ou de les récupérer au format RSS.

Pour attirer les utilisateurs de Google Alertes et faciliter leur passage vers Talkwalker Alerts, l’outil permet par ailleurs d’importer l’ensemble des alertes gérées avec Google Alertes.

Pour ce faire, il faut tout d’abord, depuis le tableau de bord de Google Alertes, exporter le fichier de ses alertes au format .csv, en cliquant sur l’onglet “Exporter les alertes”.

Puis, depuis son tableau de bord Talkwalker, il faut cliquer sur l’onglet “Importer” et choisir le fichier en question.

Si cette manipulation s’avère très utile dès lors que l’on a de nombreuses alertes enregistrées avec Google, on prendra garde au fait que les opérateurs utilisés par les deux services ne sont pas les mêmes.

Ainsi, il faudra transformer les éventuelles requêtes – enregistrées via Google Alertes – qui utilisent l’opérateur “intitle:mot”, pour les remplacer par “title:mot”. A l’inverse, des opérateurs comme site:gouv.fr ou filetype:pdf (pour restreindre la requête aux pages issues de sites gouvernementaux ou à des fichiers PDF) ne sont pas compris par Talkwalker.

Enfin, il faut avoir conscience que l’outil utilise son propre moteur de recherche, constitué par la surveillance de plus de 100 millions de sites, avec un accent particulier sur les sites d’actualités, les médias sociaux, les blogs et les forums – les alertes sont d’ailleurs classées par catégories : actualités, blogs, forums... –. Les résultats seront donc différents de ceux obtenus via les alertes de Google.

Rien n’est indiqué dans l’aide en ligne mais il semble que les alertes mails de Talkwalker limitent par défaut le nombre de réponses aux cinquante premiers résultats lorsque l’on a choisi l’option “tous les résultats”, et aux dix premières réponses (pour chaque catégorie) si l’on a opté pour les “meilleurs résultats”. En revanche, il n’y a pas de limitation si l’on choisit la réception par flux RSS.

Enfin, le service Talkwalker Alerts est gratuit jusqu’à 100 alertes.?Au-delà, la société préconise l’usage de la plateforme de veille...

Pour conclure, Talkwalker Alerts est un excellent service d’alertes, convivial, performant et gratuit, qui ravira sans nul doute les utilisateurs de Google Alertes.

Pour autant, ce n’est pas la seule alternative à Google Alertes, loin s’en faut.?Pour découvrir et évaluer les autres services, on conseillera la lecture du très bon panorama réalisé par Christophe Deschamps sur son blog OutilsFroids.net (voir p.8).



Béatrice Foenix-Riou
Publié dans le n° 103 de Netsources (Mars/Avril 2013)

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