Google : tour d'horizon des nouveautés ... et de leurs incidences pour l'utilisateur

Le moteur de recherche préféré des internautes a effectué ces derniers mois plusieurs modifications discrètes, en matière de présentation des résultats, mais aussi de fonctionnalités offertes.

Nous reviendrons dans cet article sur les actualités qui nous semblent les plus importantes pour l’utilisateur professionnel.



QUAND GOOGLE WEB DEVIENT UN MOTEUR DE REPONSES…  

  La sixième édition de la conférence Google I/O, dédiée aux développeurs, s’est tenue en mai dernier à San Francisco, et a été l’occasion pour Google de dévoiler une série de nouveautés, dont certaines concernent directement le moteur de recherche.

Plusieurs de ces nouveautés sont d’ores et déjà déployées sur la version internationale du moteur, et devraient être intégrées peu à peu sur les différentes interfaces.


La première d’entre elles – sans doute la plus importante – concerne la meilleure prise en compte de la recherche sémantique, qui a déjà été intégrée dans les algorithmes avec le Knowledge Graph (voir Netsources n°98). Rappelons que cette fonctionnalité permet à Google d’identifier des relations entre des “entitées nommées” (personnes, entreprises, lieux...) qui peuvent être éparpillées sur le Web, et de les agréger ensemble.


Les améliorations annoncées, déjà en partie opérationnelles sur la version internationale du moteur, ont pour objectif de fournir directement les réponses – et non des liens vers les réponses, comme le fait un moteur de recherche classique – à certaines questions posées par l’utilisateur, mais aussi à certaines de celles qu’il est susceptible de poser.


Cette “anticipation” est bien illustrée par les réponses que l’on obtient, par exemple, à la requête population france posée à Google.com.


Lors d’une recherche sur ces termes, la première partie de l’écran est constituée non pas des classiques liens hypertexte menant vers des réponses, mais par des encadrés qui contiennent directement une partie des réponses, et dont bon nombre d’internautes devraient se satisfaire (voir ci-dessous).


La partie centrale de l’écran affiche ainsi un graphique indiquant l’évolution de la population en France de 1960 à 2011 (source : Banque mondiale), et la compare avec les courbes de la population en Allemagne et au Royaume-Uni (une requête sur “population Inde” comparera quant à elle les courbes de l’Inde, de la Chine et des Etats-Unis).


La partie droite propose pour sa part des “Related statistics” pour l’année 2011 ou 2012, concernant ici le taux de croissance de la population, l’espérance de vie et le taux de fertilité, ainsi que les chiffres de la population en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis.


Il suffit de cliquer sur l’une de ces statistiques pour afficher dans la partie centrale la courbe d’évolution de cette donnée pour les cinquante dernières années, comparée aux courbes de deux autres pays.


Certes, cela fait plusieurs mois déjà que pour certaines questions, Google affiche au-dessus des résultats une “onebox” contenant des éléments de réponse ; c’est le cas notamment pour des requête comme météo paris, ou même, lorsque l’on interroge le moteur en étant “logué”, pour le seul terme météo ! ... Les résultats affichés, sans mention d’aucune source, font une concurrence directe aux données des sites spécialisés...


Mais en intégrant la sémantique, le moteur va plus loin puisqu’il complète les informations par des données complémentaires sur des sujets proches, susceptibles d’intéresser l’utilisateur. Google quitte alors la seule fonction “d’outil de recherche” pour devenir une source d’information à part entière.


Les sujets pour lesquels ces informations s’affichent sont encore rares. Mais on peut penser qu’ils vont se multiplier, parallèlement au développement du Knowledge Graph. Ce service organise en effet l’ensemble des données collectées sur le Web, et les restitue dans les différents modules de Google (Google Web, Images, Google+...).


Sans compter qu’outre l’amélioration de la sémantique, Google a annoncé l’intégration de la recherche vocale dans la nouvelle version du navigateur Chrome, avec le service Google Now. Il suffit pour y accéder de cliquer sur le symbole du microphone, qui apparait dans la zone de saisie.


Cet assistant de recherche intelligent – concurrent direct du Siri d’Apple – s’appuie sur les préférences des utilisateurs, leur agenda, leurs e-mails, l’historique des recherches... pour leur offrir les réponses les plus pertinentes, sur des sujets comme la météo, la densité de la circulation, le calcul d’un itinéraire, ou encore les développements d’une actualité, etc.


Lors de nos tests, nous avons été impressionnés par la bonne compréhension vocale de l’outil et par la traduction “speech to text” de nos questions, en français.


En offrant à l’internaute une réponse directe à ses questions, Google l’incite donc à rester sur ses pages ... et multiplie les opportunités de clics sur ses liens sponsorisés.


GOOGLE SUPPRIME L’APERCU DES PAGES ET CACHE … LA VERSION “CACHE”


En novembre 2010, Google a ajouté dans ses pages de résultats, le symbole d’une petite loupe à la droite de chaque titre. Un clic sur cette loupe affichait, sur la droite de l’écran, un “Aperçu instantané” de la page en question, qui pouvait s’avérer utile pour retrouver un site que l’on connaissait, ou pour juger du contenu d’une page donnée.


Puis en septembre 2011, le moteur a simplifié son interface. Les liens “En cache” et “Pages similaires”, qui figuraient sous chaque résultat – et qui menaient respectivement vers la version de la page indexée par les robots de Google et vers une liste de sites jugés comme "similaires" – ont été déplacés, pour figurer de façon très discrète au-dessus de l’aperçu des pages.


Le symbole de la loupe a quant à lui été supprimé. Il a été remplacé par des chevrons, qui s’affichaient uniquement lorsque l’on glissait la souris sur la droite des résultats ; ces chevrons permettaient d’accéder à l’aperçu des pages, surmonté des fonctionnalités précitées (voir Fig. 1, ci-contre).


En avril 2013, Google a de nouveau modifié sa page de résultats.


Les “aperçus simultanés” des pages ont disparu, de même que les chevrons qui permettaient de les afficher.


Les fonctions “En cache” et “Pages similaires” ont quant à elle été conservées, mais sont désormais accessibles depuis un minuscule triangle vert situé à droite de chaque URL (voir Fig.2).


En cliquant sur ce triangle, on affiche une petite fenêtre, qui propose selon les pages deux ou trois liens, parmi lesquels on trouve :


• le lien "En cache" de la page, qui donne accès à la copie de la page indexée par Google ; on notera que l'on peut aussi se connecter à la version "En cache" d'une page directement depuis la zone de saisie, en écrivant devant l'URL l'opérateur cache:


(ex.: cache:blog.recherche-eveillee.com) ;


• le lien “Pages similaires”, qui propose une sélection de sites similaires, que l'on peut également obtenir directement avec la requête related:URL (ex. related:adbs.fr) ;


• le lien “Partager”, qui offre la possibilité de partager directement la page sur son réseau Google+. Ce lien s’affiche uniquement lorsque l’on interroge Google en étant connecté sur son compte.


Google justifie la suppression de l’aperçu des pages par le fait que cette fonctionnalité était peu utilisée.


Mais la simplification de la page de résultats en 2011 s’est faite au détriment de la visibilité des fonctionnalités ; nous avons ainsi remarqué, dans le cadre d’échanges avec des professionnels de l’information, que nombre d’entre eux n’avaient pas découvert l’usage des “chevrons”, qui ne s’affichaient que lors du survol du curseur sur une zone précise...


On se félicitera bien sûr que les fonctions “Pages similaires” et “En cache” aient été conservées. Cette dernière notamment s’avère quelquefois précieuse pour comprendre la différence qui peut exister entre les extraits de page affichés par Google et le contenu de la page sur le Web.


Mais une fois encore, ces fonctionnalités sont très peu mises en avant.


Le risque est donc grand que les internautes ne les découvrent pas, et que Google les supprime lors d’un prochain “nettoyage”...



Béatrice Foenix-Riou
Publié dans le n° 103 de Netsources (Mars/Avril 2013)

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