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J’ai testé pour vous : créer un second cerveau numérique pour capitaliser efficacement sur sa veille métier

Netsources no
165
publié en
2023.08
6841
J’ai testé pour vous : créer un second cerveau numérique ... Image 1
J’ai testé pour vous : créer un second cerveau numérique ... Image 1

La veille métier veille/infodoc et la gestion des connaissances qui s’en suit fait partie de mes pratiques depuis de nombreuses années. Cela me permet notamment de rester à jour, m’aide à développer mes compétences métier et me sert aussi à trouver des idées de sujets pour Bases et Netsources, bénéficier d’une base de matière brute pour rédiger des articles, préparer des formations ou des conférences et plus largement nourrir ma réflexion.

Ce système de veille/PKM (Personal Knowledge Management) a évolué avec les années aussi bien au niveau des contenus que des outils et technologies utilisés. Et si depuis quelques années, j’avais un système qui répondait bien à mes besoins et attentes, j’ai pu constater au cours des derniers mois qu’il arrivait un peu à bout de souffle et qu’il était temps de le faire évoluer. En cause : certains outils qui se dégradent, un volume d’informations toujours plus important à prendre en compte sans pour autant avoir plus de temps à y consacrer et des briques intermédiaires de ma réflexion qui continuent à se perdre ou qui prennent trop de temps à être retrouvées.

J’ai donc décidé de tester les mé­thodes préconisées par Tiago Forte dans son ouvrage « Construire un second cerveau » et par Sönke Ahrens dans « Comment prendre des notes intelligentes ». Retour sur mon expérience et sur les bénéfices apportés.

 De ma veille métier à mon système de PKM

Mon système de gestion de connaissances personnelles repose en partie sur des contenus externes issus de ma veille métier, veille que je réalise depuis des années et qui s’est étoffée avec les années au gré des tendances, innovations et évolutions du marché.

Elle s’est par exemple récemment enrichie d’une dimension IA (voir article « Intégrer une dimension IA à sa veille métier infodoc » dans ce même numéro).

Face à l’augmentation continue du volume d’informations issu de ma veille (sans qu’il y ait pour autant plus de contenus sélectionnés, il y a surtout plus de bruit), j’ai aussi procédé à quelques ajustements en réduisant les alertes Web par mots-clés qui génèrent de plus en plus de contenus non pertinents et en supprimant quelques sources qui publient beaucoup et pour lesquelles je ne sélectionne que quelques contenus par an.

Pour comprendre le fonctionnement et le spectre de ma veille métier, j’ai réalisé une infographie que vous pouvez retrouver en figure 1.

Figure 1 : Mon processus de veille métier

En plus des éléments issus de ma veille métier m’apparaissent des idées et réflexions personnelles en lien avec mon métier qui ont tendance à surgir dans des moments improbables, exactement comme l’explique Tiago Forte (dans les transports, sous la douche, etc.) et d’autres éléments externes non issus de la veille métier (discussion avec des collègues ou des pairs, notes de lecture, participation à des conférences, salons, etc.).

On passe ensuite dans le domaine du PKM et de la gestion des connaissances personnelles et la création d’un second cerveau numérique.

C’est sur ce point que mon système a le plus évolué dernièrement avec une révision en profondeur, en tirant parti des enseignements des deux ouvrages cités en introduction.

Voici ce qui a donc été mis en place.

Une révision en profondeur de mon système de PKM

1. Capter ce qui résonne avec Readwise Reader et un bon vieux cahier et crayon

Lorsque je fais ma veille métier (sur Feedly, sur les réseaux sociaux et en consultant les newsletters auxquelles je suis abonnée), tout ce qui « résonne » en moi est sauvegardé dans Readwise Reader.

Readwise est intéressant, car il combine deux outils :

    1. Readwise Reader qui fait office d’outil de « read later », de boîte de réception de contenus à lire quand j’aurai le temps ;
    2. Readwise notes qui fait office d’outil de prise de notes.

Un seul abonnement (payant, mais tout à fait abordable - 7,99 $/mois), mais deux outils distincts pour bien séparer les deux étapes ce qui était important pour moi. J’ai en effet toujours trouvé que faire sa veille puis catégoriser et capitaliser sur ces informations dans la foulée était à la fois trop contraignant et contre-productif.

Readwise Reader a en plus l’avantage de proposer un moteur en recherche intégral sur tous les contenus sauvegardés. Tout ce que j’ai sauvegardé pourra être retrouvé avec une recherche par mot-clé.

En ce qui concerne mes idées ou informations repérées quand je ne suis pas devant un ordinateur, j’ai décidé d’opter pour un simple cahier et crayon toujours à proximité. Cela pourrait aussi fonctionner avec l’app Readwise sur mon téléphone, une app de notes Apple, des notes vocales. Mais je sais d’expérience que si je commence à mettre le nez dans mon téléphone, j’y passe plus de temps que de raison…

2. Distiller et prendre des notes avec Readwise Notes

Comme évoqué précédemment, je sépare bien les différentes étapes et il y a un petit temps de latence entre la captation de l’information puis son analyse, sa catégorisation et sa transformation.

Une fois par semaine, je passe en revue tous les contenus ajoutés dans Readwise Reader depuis mon dernier passage. Je modifie le titre s’il n’est pas assez parlant, surligne les passages qui m’intéressent, j’ajoute éventuellement des commentaires puis je retire ce contenu dans la boîte de réception Readwise (Readwise propose 3 emplacements : « Inbox » (par défaut), « Later » et  « Archive ») et je les mets donc dans ce dernier emplacement. Le contenu a ainsi été traité et n’apparaît plus dans mon flux, mais pourra toujours être retrouvé si je lance une recherche.

Ces surlignages et notes passent automatiquement dans Readwise Notes puis dans mon système de second cerveau à proprement parler.

3. La création d’un second cerveau numérique avec Obsidian

Pour le second cerveau numérique à proprement parler, là où se retrouvera la quintessence de ce que j’ai lu et appris et mes propres réflexions et où se visualiseront les connexions entre les idées, j’ai choisi Obsidian.

Les deux outils les plus fréquemment recommandés pour faire office de second cerveau sont Obsidian et Notion. Mais il en existe d’autres comme Mem, Logseq, Cosma, etc.

J’ai choisi Obsidian en raison du format des notes Markdown qui me garantit une certaine indépendance et me permettra d’exporter facilement mes notes vers un autre outil si je considère qu’il ne correspond plus à mes besoins dans quelques mois. De plus, je voulais un outil le plus simple et épuré possible, ce à quoi Obsidian répondait le mieux.

Voici le fonctionnement :

  • Toutes les notes de Readwise Notes sont ajoutées automatiquement à Obsidian (j’ai connecté les deux outils) dans un dossier Readwise qui fait office de boîte de réception ;
  • Une fois par semaine, mais pas le même jour, je bascule ces notes dans les dossiers PARA qui correspondent (voir le système de classement non thématique proposé par Tiago Forte dans l’article « Comment révolutionner sa propre veille métier via le concept de second cerveau ? ») ;
  • Seules les notes qui finiront dans mes dossiers « PROJETS » (système de classement non thématique PARA) seront améliorées : division d’une note en plusieurs notes s’il y a plusieurs idées derrière, fusion de plusieurs notes si elles sont liées, ajout de liens entre les notes, etc. Pour les notes destinées à des projets en cours, j’ai choisi la méthode de prise de notes préconisée dans l’ouvrage « Prendre des notes intelligentes » (Sönke Ahrens, 2022), système beaucoup plus poussé que celui de Tiago Forte mais aussi beaucoup plus chronophage. L’idée ici n’est pas de faire des notes sous forme de surlignage avancé, mais de faire des notes avec ses propres mots et de ne mettre qu’une seule idée/concept par note.
  • Je bascule les notes de mon cahier papier qui méritent de l’être directement dans Obsidian dans l’un des dossiers PARA ;
  • Pour les notes de lectures de livres papier, Readwise propose une fonctionnalité d’OCR qui permet de récupérer les passages surlignés et notes à partir d’une simple photo, ce qui a l’air très puissant. Mon téléphone n’étant pas complètement récent, cela ne fonctionnait pas correctement. Et j’ai finalement entré mes notes manuellement dans Readwise Notes grâce à l’option Freeform Input, ce qui n’est pas idéal.

Comment j’utilise mon second cerveau pour les articles de Bases et Netsources

Quand je dois trouver un sujet d’article, je commence par regarder mes dossiers PARA et je vois rapidement et facilement des thèmes et sujets émerger ;

Pour trouver la matière première de base pour les articles, je commence par rechercher :

  • dans Obsidian (en regardant les dossiers PARA adaptés, en recherchant par mots-clés et en laissant libre cours à la sérendipité) ;
  • Si ce n'est pas suffisant, je passe dans Readwise Reader (tous les contenus que ce soit ceux dans la boîte mail, à lire plus tard ou les archives);
  • puis dans mes sources d’information surveillées pour ma veille métier (Feedly notamment.);
  • Et enfin sur le Web (moteur Web, moteur des réseaux sociaux, etc.) en dernière étape sur des angles et besoins informationnels bien précis.

Je rassemble tous les éléments intéressants, toutes les notes, réflexions, idées dans le dossier "PROJETS" correspondant et je fais des liens entre les notes. Le fait de tout voir et avoir au même endroit permet de bien identifier les éléments clés, les différents angles, les liens insoupçonnés au départ entre les informations et la structure de l’article vont ainsi émerger facilement. La construction de l’article commence dans Obsidian et se termine dans un fichier Word. L’avantage, c’est que je garde une trace des briques intermédiaires et non uniquement l’article dans sa version finale (article qui a subi des modifications, des coupes, etc.).

Le second cerveau, un assistant bien utile pour passer de l’information à la connaissance puis à l’action

Pour résumer, il y a sur le Web cette image qui circule depuis des années sur les réseaux sociaux (cf. Figure 2.). Si on exclut la dernière image (très amusante au demeurant), elle illustre bien le passage de l’information à la connaissance et l’intérêt de la mise en place d’un processus de PKM.

La création d’un second cerveau numérique va vous aider à passer de l’information à la connaissance, à développer et gérer vos compétences métier et à transformer tout cela en actions concrètes utilisables dans votre quotidien professionnel.

Figure 2. De l’information à la connaissance

La révision de mon système de PKM : quels bénéfices ?

La révision de mon système de PKM est très récente (quelques semaines à peine) et il est donc difficile d’en tirer de réelles conclusions. Dans une vidéo YouTube que j’ai eue l’occasion de consulter lors de la rédaction de cet article ("Stop Procrastinating With Note-Taking Apps Like Obsidian, Roam, Logseq"), l’auteur estime que le succès d’un système de PKM se mesure après trois à six mois et qu’on peut parler de succès si cela a amélioré la quantité et la qualité de nos productions, écrits et réalisations.

Toujours est-il qu’à ce stade, je trouve que ce nouveau système résout certains problèmes et limitations que je pouvais avoir, ne s’avère pas contraignant, répond bien à mes contraintes de temps. Le temps de mise en place a été conséquent certes, je passe indéniablement un peu plus de temps à alimenter et gérer mon second cerveau sans que ce soit excessif, mais j’ai surtout l’impression d’avoir gagné du temps pour la suite notamment pour la phase de choix des sujets et d’écriture des articles. Je passe moins de temps à essayer de retrouver des informations, je perds moins d’idées en cours de route et je trouve que j’ai le cerveau moins encombré. Au final, j’ai le sentiment de m’y retrouver.

Je ne peux que vous inviter à lire ces deux ouvrages à la fois inspirants et déculpabilisants et à vous lancer dans la création ou l’amélioration de votre système de PKM si ce n’est déjà fait ! 

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