Concernant la structure d’un texte, les modèles des outils IA utilisent des plans-type comme « douleur-agitation-solution » (PAS), « pont avant-après » (BAB) ou « attention-intérêt-désir-action » (AIDA). Cela ne fait pas tout le travail, mais évite certainement « l’angoisse de la page blanche ».
Quant au fond, il est parfois possible de faire rédiger à partir d’un corpus de documents qu’on lui soumet.
La rédaction automatisée
Si auparavant on effectuait une recherche sur un moteur de recherche avant d’analyser et de rédiger la synthèse, les outils IA se proposent désormais d’accomplir toutes ces tâches à la fois. Et en un temps record.
Exemples de prompts prérédigés (et que l’on peut aussi sauvegarder) :
« Crée un billet de blog au sujet de (votre sujet) », « écris un communiqué de presse au sujet de (lien du site) ;« Écris des emails convaincants » ou « des posts qui convertissent ;-
« Écris un article sur [sujet], inclus des statistiques pertinentes (ajouter les liens des sources) et considère différents points de vue. Écris-le dans un ton [X] et mentionne les liens des sources à la fin » ; « Quelles sont les principales tendances de [l’industrie] que je peux inclure dans mon prochain bulletin axé sur [détails sur votre bulletin d’information] ».
Quelques caractéristiques à comparer :
- Le nombre de modèles de posts, d’emails, d’articles de blogs… utilisés par l’outil et mis à disposition ;
- L’aide au prompt (modèles, personnalisation possible, fonctionnalité d’amélioration, etc.) ;
- Le nombre de langues rédigées ;
- Les vérificateurs d’orthographe et de plagiat, intégrés ;
- Des outils de référencement (Semrush, etc.) ;
- Un éditeur de texte intégré, pour faciliter la personnalisation des brouillons fournis ;
- La possibilité de charger un corpus de textes ou de sources à partir desquels rédiger ;
- La suggestion d’idées d’articles.

Figure 1 : Le Dashboard de copy.ai, outil freemium de rédaction automatisée (avec l’éditeur de texte à droite).
En termes d’outils, un professionnel de la veille privilégiera un générateur de texte généraliste et une bonne expression écrite en français, comme :
- WriteSonic (gratuit jusqu’à 15 générations, puis payant),
- Hyperwrite (15 générations/mois en version gratuite avec une option « expert writing assistant » pour les analystes) ;
- TextCortex (10 créations gratuites/jour).
On trouve aussi des outils spécialisés par type de contenu, notamment marketing : Copy.ai ou Rapidely pour décliner ses textes sur les médias sociaux, Redaction.io pour générer automatiquement un texte à partir de mots clés, ou 1.fr pour générer des mots-clés à partir d’une URL, etc.

Figure 2. Les fonctionnalités de l’extension Hyperwrite
On rappellera toutefois les limites : l’intelligence artificielle ne dispose d’aucune capacité critique : tous les discours, idées, jugements se valent à ses yeux et ne seront donc pas correctement hiérarchisés. S’ils ne sont pas relus, les textes produits par la RAI (Rédaction assistée par l’intelligence artificielle) peuvent compiler toutes sortes de fausses informations et de biais (dérives ?) marketing. Un article écrit par ChatGPT sur les générateurs de texte, ne nous a fourni qu’un exemple d’outil : lui-même ! Et qu’il juge, en toute bonne foi (?) comme « l’un des meilleurs du marché ». En conséquence, le moyen le plus sûre et efficace d’utiliser ChatGPT est ainsi de l’intégrer dans une étape de réécriture ou de reformulation de son livrable. Comme c’est dans la réécriture que les générateurs de texte sont les plus efficaces, on leur demandera donc judicieusement de reformuler un contenu que nous maîtrisons.
La correction et la réécriture
Même avec un bon générateur de texte ou un outil de rédaction automatisée, on ne s’épargne pas la phase de reformulation, correction, vérification, fournie par les outils de rédaction assistée.
À défaut de fonctionnalités intégrées comme la vérification d’orthographe ou de plagiat dans les générateurs de texte, on utilisera Grammarly ou Hemingway Editor, qui sont également capables de repérer des phrases mal construites.
Un texte en langue étrangère sera amélioré par Deepl Write, qui ne se contente plus d’une simple traduction mais peut l’améliorer et adapter son style aux besoins du professionnel.
Différentes méthodes existent, que nous avons testées dans l’article Comment l’IA enrichit les livrables de veille multilingue ? Netsources N°163 - mars/avril 2023.
Les illustrations
Datavisualisation
Avec les outils IA, la visualisation des données est simplifiée à l’extrême, ce qui constitue aussi une aide à l’analyse pour le veilleur.
Sur un annuaire d’outils IA, nous avons repéré un outil bien noté : AskEdith. Cet outil gratuit transforme des listes de données en graphiques à partir d’une centaine de sources possibles (Hubspot, Trello, Notion, Airtable, etc.). Le mode conversationnel est un game changer : après avoir importé ses données, on demande simplement au chatbot « montre-moi les données pour tel produit uniquement », ou « donne-moi les 10 produits dont les ventes sont les plus importantes » pour qu’un graphe soit automatiquement généré.
La version gratuite reste limitée aux sources en provenance de Google Sheet, CSV et Airtable et à 20 questions par mois. La version payante passe à 300 EUR/mois.
Les images générées par une IA
Il est parfois utile d’illustrer son livrable avec des images, mais identifier une photo sur un thème spécifique, de bonne qualité, dans un style adapté et libre de droits peut s’avérer chronophage.
Comme les textes, les images peuvent être générées par IA. Si notre demande est hors des sentiers battus de la photo classique et que l’on maîtrise l’art du prompt sans se noyer dans les détails, on peut donc en théorie se procurer une photo sur-mesure grâce à un générateur d’image.
Mais nul miracle à attendre actuellement de ces outils, dont les résultats ont été très loin de notre demande. À titre d’exemple, nous avons obtenu des rondins de bois, alors que nous demandions… une image d’une maquette de journal. De plus, les versions gratuites ont été chaque fois épuisées avant d’avoir un résultat satisfaisant, en français ou en anglais. Un conseil : mieux vaut se former en amont !
- L’outil le plus réputé, MidJourney, étant payant (8$ / mois), nous avons testé trois autres outils sélectionnés pour leur renommée et leur facilité d’accès :
- Stable Diffusion XL, développé en open source et accessible sous licence Creative ML OpenRAIL-M (permet un usage commercial à condition de le mettre à la disposition du modèle de l’outil). L’offre gratuite s’arrête à 10 générations d’images, puis 1 €/image). Pour s’aider, il est possible de charger une image à laquelle notre résultat doit ressembler ou de se rendre dans la galerie pour copier et adapter les prompts des images intéressantes.
- Dall-e 2 est accessible sur le site d’open AI et sur Bing Chat, en cliquant sur le Bouton « Créateur de l’Image » (lors d’une « recherche Image »). La génération est gratuite mais lente. Pour accélérer le temps de création, on renouvelle ses crédits en faisant des recherches sur BingChat. Attention, les images sont en basse définition, donc uniquement pour un usage numérique.
- Le Magic Design de Canva, pour les habitués de cet outil. Ici aussi, nous avons eu beaucoup de mal à nous faire comprendre : la demande d’un simple changement de couleur s’est traduit en changement de texture, à deux reprises !
À noter, la génération d’images est aussi une fonctionnalité proposée par les générateurs de texte, comme WriteSonic et des « Presentation makers ».
La présentation automatisée
Une présentation assistée par IA par un Presentation maker intègre :
- La mise en forme de l’information sur simple demande textuelle,
- La pré-rédaction,
- La recherche et l’analyse de l’information.
En théorie, il n’est donc plus nécessaire de rechercher, analyser et rédiger un livrable avant de le mettre en forme. Tout se crée en simultané. Le texte généré est généralement d’assez mauvaise qualité, mais il n’est là que pour donner une direction et être modifié. Ce qui nécessite donc d’avoir une expertise pour juger la prose sur le fond… comme avec tout outil IA qui génère une analyse, quelle que soit sa forme !
Popularisée il y a quelques mois par beautiful.ai dont le modèle est payant (12 €/mois pour du contenu généré par IA et 40 € pour la personnalisation), il existe déjà de nombreuses alternatives avec une version gratuite :
- Tome;
- StoryD pour les présentations orientées data ;
- Simplified (gratuit, mais 20 €/mois pour personnaliser son contenu et 7 slides maximum/présentation).

Figure 3 : une slide de présentation sur les étapes de la veille entièrement générée en une seconde avec Beautiful.ai (sans apport de texte).
Un livrable audiovisuel ?
Avec les avancées technologiques, on peut désormais imaginer un livrable de veille sous format audio ou vidéo. L’avantage principal est le gain de temps : un article dont la lecture prend 17 minutes se transforme en une écoute de deux minutes !
Nous avons tout d’abord exploré deux pistes Text to Speech :
- Faire lire son texte par une voix artificielle (parmi des centaines de voix possibles, dont la sienne) et dans des dizaines de langues. L’offre gratuite est néanmoins limitée à 10 000 signes/mois avec Beebooply ou ElevenLabs (c’est la longueur moyenne d’un article de NETSOURCES).
- Envoyer un texte à son client, que le destinataire lira avec son « générateur de voix », comme Recast. On peut aussi l’utiliser pour consulter des articles web longs avec l’extension Chrome.
Les offres de Speech to Videos sont actuellement insuffisantes pour envisager un livrable sous cette forme et les versions gratuites ne proposent que des videos de quelques secondes. Mais c’est surtout du côté des outils Text to Videos, qui permettent de réaliser des videos courtes sur demande textuelle, que la surprise pourrait venir.
Notre avis
Pour un professionnel de la veille, les outils d’IA font incontestablement gagner du temps dans l’optimisation d’un livrable pour :
- Proposer des plans et des brouillons de textes
- Optimiser/améliorer ses contenus
Ceci, sans forcément nécessiter de revoir toute la conception de son livrable. Car l’optimisation des prompts et la compréhension des outils peut s’avérer très chronophage, pour un résultat parfois très loin de l’objectif attendu (par exemple pour les images), ou non fiable sur le fond (pour les générateurs de texte).
